Petit bonheur numéro trois cent quarante deux : dégrafer son soutien gorge

Ce petit bonheur là sait le faire d’un seul pouce.

Quand Mademoiselle rentre à la maison, il arrive bien souvent qu’elle fasse un premier arrêt dans la salle de bain. D’abord, elle accroche son manteau à la patère, elle jette les clés dans le vide poche, elle retire ses chaussures et elle grimpe quatre à quatre les escaliers.

Dans la salle de bain, Mademoiselle se démaquille. Puis elle se recoiffe et part pour sa deuxième journée.

Dans la cuisine, elle raconte à Monsieur ses aventures du jour, range la vaisselle que Monsieur lave. Elle surveille la cuisson du dîner et goûte à la sauce des pâtes dans la cuiller en bois. Monsieur monte le son de la radio et choisit un disque.

Quand les deux ont finit de dîner, Monsieur débarrasse la table et Mademoiselle emballe les restes au frigo.

Dans la salle de bain, Monsieur se change. Mademoiselle fait de même, dans la chambre. Elle retire son pull. Elle enlève sa jupe. Elle fait glisser ses collants. Séparés une demi cloison, toute fine comme un éventail de reine espagnole, les deux se racontent toujours leur vie, leur journée. Mademoiselle, en culotte et soutien gorge, arrange l’oreiller, remet la couette.

Monsieur frappe à la porte. Il est prêt à se coucher.

Alors, les versions divergent.

Parfois, Mademoiselle lui demande d’attendre et termine de se changer, pudique. Elle dégrafe alors seule son soutien gorge, d’un seul geste du pouce, libérant enfin ses seins de leur oppression quotidienne. Puis, très vite, enfile un haut de pyjama.

Parfois, Mademoiselle le laisse entrer et se faufile dans la salle de bain pour finir de se changer. Monsieur la laisse aller. Elle dégrafe alors seule son soutien gorge, libérant enfin, de l’index et du pouce, ses seins de leur oppression quotidienne. Puis très vite, elle enfile son haut de pyjama.

Parfois, Mademoiselle l’attend, en culotte et soutien gorge, sous les draps. C’est alors à Monsieur de libérer ses seins de leur oppression quotidienne. Et Mademoiselle le laisse les habiller d’une autre peau, des mains juste à leur taille.

Retirer ce dernier vêtement, c’est retirer une peau, une partie de soi, pour laisser le nu nous habiller. C’est jouer de la dentelle, des ombres et du tissu, pour cacher ce que l’on montre. Dégrafer le dernier vêtement, c’est un vrai petit bonheur.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s