Petit bonheur numéro trois cent vingt huit : grimper aux arbres

Ce petit bonheur là fait le pendu aux branches du cerisier.

L’arbre a toujours été là. Bien droit, immense au fond du jardin. Ses branches ont toujours tendu leurs bras aux couples de moineaux. Ses feuilles vertes ont caché les orgies de cerises, assis à califourchon sur la branche, le panier entre les cuisses. Son tronc a servi d’appui à bien des cabanes et bien des cordes lisses.

Un jour, en retournant dans le jardin, on s’aperçoit que l’arbre est toujours aussi grand, que sa haute stature impressionne toujours autant.

L’hiver est là, les feuilles ont pris leur envol. Les branches nues se tendent vers le ciel.

La main caresse le tronc. La main effleure l’écorce. Et puis saisit soudain la première branche. Le poignet se plie, le corps se soulève. Les pieds glissent d’abord, puis finalement trouvent appui. On enjambe la branche. Voilà. Finalement ce n’était pas si dur. La tête se lève, les yeux accroché aux nuages. L’air est froid. Le corps se balance et grimpe une branche supplémentaire. Puis une autre. Les mains tâtent le bois et retrouvent leur réflexe. Le corps joue, le corps devient souple comme l’ajonc qui ploie. Les muscles se tendent, le ciel se rapproche. Les doigts se tendent, l’air brule de plus en plus les poumons.

De là haut, le monde si familier devient différent. La cabane n’existe plus, mais l’arbre, complice, berce les rêves au bord des nuages. Un vrai petit bonheur.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s