Petit bonheur numéro trois cent vingt cinq : faire des ombres chinoises

Ce petit bonheur là fait très bien le lapin, beaucoup moins bien le tigre.

Monsieur bouquine. Il fait mine de ne pas s’apercevoir que Mademoiselle s’ennuie. Elle l’agace, exprès, pour le faire réagir. Elle le chatouille, le titille. En vain. Monsieur est au lit et Monsieur  est à son livre.

La lampe de chevet dessine la silhouette parfaite de Monsieur et de son roman si passionnant. Mademoiselle commence alors, sur le mur blanc, à faire jouer ses doigts. La lampe pour feu de la scène, elle se lance dans un petit théâtre. Le lapin d’abord. Les doigts se mêlent les index deviennent des oreilles. Puis Mademoiselle tente le cerf. Ses doigts se contorsionnent, les bois naissent des phalanges tordues.

Le canard est moins réussi. Raté aussi la sorcière sur son balais.

Agacée de ne pas maitriser ses deux mains, incapable de leur donner les formes qu’elle imagine, Mademoiselle finit par faire danser ses doigts sur le mur, sans silhouette, juste dans un jeu d’ombre et de lumière. Monsieur sourit à peine.

Alors, derrière le paravent, Mademoiselle joue de noir et du tamisé pour se dénuder, dans un jeu d’ombres parfait, laissant son corps à nu s’habiller du sombre. Monsieur lève le nez. Rien à voir, tout à deviner. Une histoire qui se raconte en négatif. Monsieur, soudain, n’a plus envie de lire. Un vrai petit bonheur.

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