Petit bonheur numéro trois cent dix huit : vider son armoire

Ce petit bonheur là se lance dans un recensement INSEE de son placard.

Il était une fois, il y a fort fort longtemps, Monsieur et Mademoiselle au début de leur histoire. Dans les rayons d’un hypermarché du meuble, les deux, innocemment, meublaient leur appartement. Une table, six chaises, un canapé, un fauteuil. Amoureusement, les yeux dans les yeux, ils choisissaient sur catalogue la couleur de leurs futurs draps, la taille des futures assiettes à soupe. Au rayon placards, encore naïfs et inexpérimentés, ils avaient choisis d’un commun accord la commode à six tiroirs et l’armoire simple.

Quelques années plus tard, la naïveté et l’inexpérience ne sont plus de mise. Dans la chambre du couple, le drame se trame. La commode et trop petite. Monsieur occupe les 3 premiers tiroirs. Mademoiselle les trois suivants -les plus petits… si si… assure t-elle. Du coup, elle a sournoisement déplacé ses culottes dans le tiroir qui contenait, au départ, les affaires de sport de Monsieur. Monsieur étant de moins en moins sportif, il avait mis 5 mois et demi à s’en apercevoir. Mademoiselle avait haussé les épaules : « tu vois bien que ça ne te dérange pas, ça fait 6 mois que c’est comme ça… »

Monsieur avait un peu grommelé. Mais c’était passé.

Dans la penderie se jouait la même comédie. Les chemises de Monsieur avaient peu à peu perdu du terrain. Désormais, les robes, les jupes, les chemisiers, les vestes de Mademoiselle colonisaient les deux tiers de l’armoire.

Alors, quand  Monsieur a fini par exploser, Mademoiselle a bien du se lancer dans le recensement exhaustif des pièces de sa garde robe. Un, deux, trois, six, huit, douze pantalons. 13 jupes. Dont deux en 16 ans qui ne lui vont plus depuis la seconde. Dix chemisiers. Le blanc. Le noir. Le carmin. Le vieux rose. Le rayé. Le zippé. Le bouffant aux manches. Le taché mais-ça-ne-se-voit-presque-pas. Il y aussi sa veste en cuir, celle en jean, celle en velours et celle toute douce avec deux poches aux manches. Et puis la robe à volants, celle pour sortir, celle pour les Fêtes, celle pour émoustiller Monsieur, celle pour aller avec les bottes noires, celle qui va avec le foulard de sa copine. Celle dont elle a perdu la ceinture. Celle qui lui aura super bien quand elle sera enceinte. Mademoiselle déplie ses pulls. Se résigne à en mettre un dans le carton grenier. Et puis le reprend. Elle jette le pull troué au coude. Dans le tas à repriser le pull dont l’encolure est abimée. Le pull avec un Tintin énorme dessus finit dans le carton grenier. Mais celui avec une Minnie géante réintègre le tiroir.

Poubelle les culottes trouées. Une, deux, trois, cinq, six… Euh… Mademoiselle les met plutôt dans le tas à repriser, sinon, elle n’en aura plus assez pour tenir une semaine entière. Elle hésite face à sa collection de foulards. Puis face à ses douze ceintures.

La nuit est tombée. Assise au milieu de la chambre, Mademoiselle peine à se décider. En bas, Monsieur l’appelle pour diner. Tant pis, on verra ça demain. Les piles réintègrent les armoires.

Un vrai petit bonheur.

 

 

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