Petit bonheur numéro trois cent treize : dessiner dans la buée

Ce petit bonheur efface tout et recommence.

Contre la vitre du bus, celle du bureau ou le miroir de la salle de bain. Contre le carreau de la porte d’entrée, celui de la voiture ou le miroir de poche du sac à main.

Froid en dehors, chaud en dedans. La vitre se couvre d’une épaisse pellicule mouillée, de celles qui rendent le monde flou. Au début, le doigt n’y prend pas garde. Il y glisse sans précision, sans but ni dessein. Et puis soudain, plus ou moins discrètement, plus ou moins distraitement, il retombe en enfance. D’abord un rond. Puis deux points. Un trait pour le nez, d’autres pour les cheveux. Ou bien un coeur. Des initiales. La mer, des vagues, une île. Un flocon de neige. N’importe. L’inspiration prend forme dans l’improvisation. Un art contestable parfois, éphémère toujours. Un loupé ? On souffle un peu et la surface redevient vierge. Que l’on croit. En réalité, la vitre conservent la mémoire des brouillons et, la buée partie, dans un rayon de soleil, donne à voir l’oeuvre disparue. Négatif de ce qui a été. Et qui n’aurait peut êtra jamais dû être.

Et c’est un vrai petit bonheur.

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