Petit bonheur numéro trois cent onze : ramasser les miettes sur la table

Ce petit bonheur n’a pas de petit aspirateur.

Le geste est ancestral. La table est débarrassée, les vestiges du repas finissent au frigidaire et la vaisselle s’empile dans l’évier. Le pain retourne dans le sac, qui lui-même, retourne dans la huche.

Mais au coin de la nappe, quelques grosses miettes de pâtes blanche trainent encore. Des petits, tout petits morceaux d’une tranche de pain de campagne. Des poussières de farine et d’eau.

Alors, le doit se mouille, puis colle une à une les petites miettes sur la dernière phalange. Le doigt regagne la bouche et recommence. Dans un mouvement d’oiseau économe, dans une habitude des anciens. Les plus microscopiques qui échappent à l’index nourriront un moineau.

Un geste d’un quotidien des campagnes, déjà raconté, au hasard d’une phrase, par le père de Félicité*. Un geste pour finir, avant de secouer la nappe et de faire table nette. Le repas est fini, il n’en reste plus une miette.

Un vrai petit bonheur.

 

 

* Un coeur simple, Flaubert

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