Petit bonheur numéro trois cent deux : un jour de pluie.

Ce petit bonheur là paresse en charentaise.

Il pleut. Sur les carreaux du salon, les gouttes glissent en longues larmes. Sur le velux de la chambre, l’eau joue une partition humide. Et le vent l’accompagne. Dehors, les arbres ploient. Les arbres cognent. Les arbres se lavent à grande eau.

Dans la cheminée, le feu crépite. Le bois fume un peu. La maison s’emplit d’une chaleur réconfortante dans l’odeur d’un feu de bois.

Mademoiselle approche son fauteuil de la cheminée. Les pieds sur l’épais tapis, les chaussons accrochés aux orteils, elle démarre la bouilloire.

Mademoiselle allume la petite lampe du salon. Le nez collé à la vitre épaisse, enroulée dans son épaisse veste en laine, elle regarde le ciel pleurer, les rares fleurs du jardin courber l’échine, les rares oiseaux se glisser en sautillant sous le lilas.

La bouilloire siffle.

Mademoiselle verse l’eau chaude dans son bol et le sert entre ses mains. Les doigts rougissent un peu. Le livre sur la table basse, le plateau avec une pomme coupée en quatre et un morceau de brioche fraiche. Elle met un disque et s’installe près du feu.

Tout à l’heure, son homme rentrera. Tout à l’heure, il l’embrassera sur le front puis mettra son parapluie à sécher. Ca sentira la soupe et le gratin dauphinois dans la maison.

Pour l’instant, ça sent le thé chaud, le feu et la brioche fraiche. Ca sent l’automne et la pluie. Un vrai petit bonheur.

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