Petit bonheur numéro deux cent quatre vingt sept : plier sa serviette

Ce petit bonheur là est de retour en colo.

Bien sûr, quand elle atterrit toute neuve et fraichement repassée dans l’assiette, la serviette prend des airs de grande dame. Elle s’affiche, sans faux plis, tranchant de couleur au milieu du rond de porcelaine blanche.

En attendant que la farandole de plats viennent tacher le fameux blanc immaculé, les mains jouent avec le carré de tissu. Un coup plié dans un sens. Un coup dans l’autre. Puis retrouver les marques du fer, avec application, pour lui faire reprendre sa forme d’origine.

La main attrape la serviette par un coin, et d’un mouvement sec du poignet, la déplie franchement. Hop, autour du cou, comme un torchon au menton, un buvard par précaution.

Ou bien un coin à gauche, un autre replié juste là, puis on rabat dans ce sens. Enfin, on plie ici. On tire là et là. Et voilà une culotte de baigneur dans l’assiette. Le voisin, en deux ou trois pliage, se retrouve lui avec un semblant de soutien-gorge. Maman râle en découvrant l’inconvenant.

Ou encore, plus poétique, les mains qui avec délicatesse, font du tissu une orchidée, une fleur de lotus ou bien fleur de lis.

Un cône dans l’assiette pour cacher une surprise.

Un éventail qui tient on ne sait pas quel prodige.

Un bateau, comme celui de la chanson, qui n’avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé.

En attendant que la surprise arrive de la cuisine, l’assiette se trouve la scène d’un théâtre de tissu. Et c’est un vrai petit bonheur.

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