Petit bonheur numéro deux cent soixante seize : les photos chez les autres

Ce petit bonheur là se cherche discrètement sur les murs des autres. 

Les entrées se ressemblent toutes. Les murs des salons aussi. On a beau avoir des maisons différentes, des jardins très personnels, nos murs se ressemblent. Des photos. Des cadres et des têtes, plus ou moins familières. Parfois un paysage. Parfois même une image de la maison elle même. Une photo sous la neige, un autre à l’automne. 

Invariablement, en poussant la porte des autres, en pénétrant leur foyer, en s’immisçant dans leur intérieur, on tend le blouson et le sac, le bouquet de fleurs et le vin. On s’embrasse, on se tapote l’épaule. Et puis le regard flâne, sur les cadres au mur. La photo du couple bien sûr. En évidence, avant le porte manteau. Lui, bras autour du cou d’Elle. Les deux souriant. Maîtres des lieux. 

Dans le couloir, le cadre avec les enfants. Et puis le chat, encore petit, sur le meuble du téléphone. 

Au salon, la table est dressée. Mais on commence par le canapé. Au dessus de la cheminée, un grand tableau de liège : plein de visages punaisés, des connaissances, des amis, la bande habituelle devant le barbecue, devant les montagnes d’Auvergne, et un soir, au feu de camp, à la plage. 

En trempant les lèvres dans le verre, en tendant la main vers les biscuits apéros, tout en hochant la tête et en parlant plus ou moins la bouche pleine, on cherche sur le dit tableau si l’on a aussi le privilège d’être punaisé. Si l’on a aussi gagné le droit de faire partie de leur intérieur. Toujours rappelé à l’ordre, une réponse en attente, un verre qui se tend, les yeux se baissent sans qu’on ait réussi à se trouver sur le fameux panneau.

C’est finalement en trouvant le chemin de la table, quand la maîtresse de maison a donné le signal, qu’on se rapproche assez près pour se voir. Nous voilà, posant fièrement, tout sourire, devant le feu, à gauche de la maitresse de maison, à droite d’une autre copine.

Sauvé. Nous sommes chez les autres. Reste à vérifier en rentrant, qu’eux aussi figurent sur le tableau de liège, au dessus du téléphone, chez nous. Un vrai petot bonheur. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s