Petit bonheur numéro deux cent soixante treize : « bonjour m’sieurs dames »

Ce petit bonheur là se prononce en même temps que tinte le carillon.

Il suffit que la porte grince un peu. Il suffit que la porte vitrée glisse en délivrant le passage dans un courant d’air. Il suffit que le carillon fasse sonner doucement ses clochettes.

Derrière la porte, la rue. Les voitures qui passent et repassent. Une foule plus ou moins anonyme, plus ou moins bruyante.

Devant la porte, quelques clients font la queue. Dans les vitrines, tout un tas d’objet à vendre, quels qu’ils soient. Des gâteaux, du pain, des chapeaux, des téléphones, des journaux.

Au tintement de la cloche, les corps se tournent. Les visages observent.

« Bonjour m’sieurs dames »

Certains visages sourient. Certains hochent juste la tête. Certains répondent, sans articuler. Et puis ils se retournent. Vers la vitrine. Vers le bout de leurs chaussures. Vers l’arrière du crâne du client précédent.

Une simple phrase pour intégrer la petite communauté. Un simple réflexe pour se faire accepter. Une politesse discrète, parfois enjouée, un apprentissage de la plus jeune enfance, une réminiscence de salopette courte, quand Mamie nous poussait un peu du coude et imposait qu’on la prononce d’un coup d’oeil appuyé.

C’est le ticket pour faire la queue. C’est un vrai petit bonheur.

 

 

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