Petit bonheur numéro deux cent soixante six : écouter quelqu’un rire

Ce petit bonheur là est souvent contagieux.

Cela arrive n’importe où. Parfois, on s’y attend. Parfois, on se laisse surprendre. Une scène, un souvenir, une image, un mot. Et puis voilà que nait, au coin des lèvres, un début de sourire. Au fond du ventre, un frémissement.  Une vague qui remonte du coeur jusqu’à la gorge, qui explose dans le cou.

Un rire franc, un rire discret, un fou rire qu’on cache derrière sa main ou bien qu’on assume, à gorge déployée.

La vie se suspend, les yeux se mouille. Tout le corps se cabre dans un plaisir incroyable.

Elle était assise là, juste à côté. Elle regardait par la fenêtre et soudain, elle a rit. On ne saura jamais pourquoi. Elle a rit d’abord discrètement. Puis, elle a rit si fort qu’elle ne pouvait s’en cacher. Elle avait un rire comme une vague, comme la marée qui vient et qui repart. Un rire profond, qui balaie tout. Qui balaie les ridules au coin des yeux, qui balaie les soucis au coin des coeurs.

Elle avait un rire, comme une identité, comme une signature.

Autour, on la regardait. Avec surprise, d’abord. Et puis avec un peu d’envie. Le premier a avoir suivi, c’était un homme, en face d’elle. Et puis un autre. Et une femme avec ses sacs à la main. Elle avait le rire enfantin. L’homme a rit dans sa barbe. Un autre a rit jusqu’à en perdre sa respiration. Le rire s’est propagé, sans que l’on sache pourquoi. Comme un incendie dans les ventres et un éclat luisant dans les voix. Et c’est un vrai petit bonheur.

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