Petit bonheur numéro deux cent quarante six : des fleurs séchées dans un livre

Ce petit bonheur là a glissé d’entre deux pages.

C’est arrivé un peu par hasard. Mademoiselle promenait ses doigts sur les tranches des livres de la bibliothèque. Elle flânait, de romans en biographie, de manuels en pièce de théâtre. Un vieux missel prend sa retraite. Mademoiselle tourne les pages jaunies. Un nom inscrit sur la couverture, celui d’une arrière grande tante.

Et puis soudain, entre deux prières, entre un credo et un Ave Maria, un oeillet bleu. Les feuilles ont viré au jaune mais, incontestablement, le bleu pervenche n’a pas bougé.

Mademoiselle se demande si la fleur vient d’un jardin. Ou bien si c’était en chemin vers l’église que la jeune fille l’avait cueillie. Ou bien peut être que l’oeillet avait poussé entre deux pierres, à l’entrée de la chapelle. C’était peut être une promesse de printemps ou bien une promesse d’amour. C’était peut être le premier gage. Il avait été mis là, et puis il y était resté. Sans doute que parfois, la jeune fille ouvrait le missel et rêvait un peu devant l’oeillet.

Et puis la jeune fille était devenue une jeune femme, une femme, une vieille femme. Elle s’était endormie sans enfants. Le missel avait rejoint la bibliothèque de se nièce. Puis celui de sa petite nièce. Et puis son arrière petite nièce qui, 100 ans plus tard ou presque, retrouve la fleur. Tout droit venu d’un vieux souvenir qui n’appartient plus à personne. Et c’est un vrai petit bonheur.

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