Petit bonheur numéro deux cent trente six : le barbecue

Ce petit bonheur là va sentir la merguez toute la soirée…

Monsieur s’évertue depuis près de 20 minutes à faire prendre le feu. Il souffle dessus, remet du journal, rajoute de la cagette, souffle à nouveau, s’énerve, souffle à plein poumons sur un semblant de flamme. Ca fume. Ca prend. Monsieur manque de se bruler.

Mademoiselle s’évertue depuis près de 20 minutes à assaisonner correctement un plat de crudités. Elle rajoute du sel. Remet un trait d’huile d’olive. Hache finement du basilic. Remet un tour de moulin à poivre. Goute la vinaigrette du bout du petit doigt, remet une demi cuiller de moutarde. Ca semble correcte. Ca ira bien.

Sur l’assiette blanche, les merguez et les saucisses attendent. Mademoiselle met le couvert dehors. La moutarde et la vinaigrette sur la desserte, le plat de crudités au centre. Monsieur annonce qu’il va mettre les merguez à cuire. On passe à table dans 10 minutes.

Tous les voisins, tout le village même, n’a pas à échafauder de longues hypothèses pour déterminer le menus du soir chez Monsieur et Mademoiselle. A chaque courant d’air, la fumée chargée en odeur moutonnesque pimentée se disperse dans les rues alentours, et s’en va parfumer les tables des inconscients qui auraient eu la même idée, dîner côté jardin.

Mademoiselle regarde la fumée s’élever tranquillement vers le ciel. Elle la suit des yeux, prendre la direction opposée à la table. Et soudain, Mademoiselle réalise que l’odeur des grillades s’en va directement imprégner le linge en train de finir de sécher. Mademoiselle râle. Monsieur déplace le barbecue. Cette fois, la fumée prend la direction de la fenêtre de la chambre, encore largement ouverte à cette heure tardive. Mademoiselle monte fermer la dite fenêtre en soupirant agacée « elles ont intérêt à être bonnes tes grillades… »

Les dix minutes sont écoulées. La main gauche sur les hanches, la pince à barbecue à la main droite, Monsieur surveille fièrement la cuisson. La graisse coule de temps en temps sur le feu. Des flammes viennent bruler la viande. Monsieur se dépêche de surélever la grille et rattrape de justesse une saucisse partie pour se faire la malle dans le gazon.

Ca sent l’été qui se termine, ça sent les vacances qui prennent fin. Ca sent un soir d’été côté jardin. Monsieur mord à pleines dents dans la merguez piquée sur sa fouchette. Mademoiselle, la bouche pleine, reconnait « c’est vrai qu’elles sont bonnes… » Et c’est un vrai petit bonheur.

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