Petit bonheur numéro deux cent trente cinq : le hamac

Ce petit bonheur là a retrouvé le ventre de sa mère.

L’heure de la sieste est sacrée. Au jardin, on a tendu entre deux pommiers la toile blanche d’un hamac retrouvé au fond d’une malle. Une jambe. Ca tangue. Vite, la seconde. Les fesses se calent bien au fond. La tête pèse lourd.

Sur une chaise de jardin, une chaise en fer, vert pomme, un verre de limonade glacée et un livre. La main cherche un instant le verre, en avale quelques gorgées, se pose sur le livre, hésite. Et puis non. Bercé, doucement. A gauche, et puis à droite. Le tissu se referme sur le corps endormi, la tête est déjà loin.

Du fond de la toile, les bruits du jardin nous arrivent un peu assourdis. Il faut se concentrer pour distinguer une voix, beaucoup plus loin, un bourdonnement, une branche qui craque.

Dans le cocon, le corps oublie l’apesanteur. Le corps oublie sa condition de corps. Il flotte entre deux arbres, retenu à un fil, dans une cosse à taille humaine. Impossible de bouger, il faut se laisser bercer. C’est sans doute ce que ressentait les bébés si serrés dans leur langes.

Même la lumière a changé. Le soleil, entre les feuilles des pommiers, fait des taches orangées. La toile se rabat sur la tête, les yeux clos, la bouche entrouverte. A gauche, puis à droite. Le mouvement devient quasi imperceptible. Le corps ne bouge plus.

Et c’est un vrai petit bonheur.

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