Petit bonheur numéro deux cent vingt et un : aller chercher le lait frais

Ce petit bonheur voudrait rapporter une vache comme souvenir de vacances.

A chaque fois qu’ils prennent la route du village, Monsieur et Mademoiselle passe devant un petit chemin qui semble s’enfoncer derrière un bois de noisetiers. Le petit chemin est annoncé par un grand panneau de bois : « La ferme des coquelicots. Vente direct de fromages ».

Intrigués, de retour de leurs obligations estivales -plage/glace/rando- ils décident de tenter l’aventure du fromage local. 

Le chemin serpente entre le bois à gauche et le champs à droite. Après le virage, les prés sont clos. Les vaches paraissent dans les premières ombres allongées qui annoncent le soir. La route n’est alors plus qu’un vague souvenir de macadam sous une épaisse couche de bouse plus ou moins sèche. 

Monsieur ferme la fenêtre. Mademoiselle pense à la couleur des jantes, jusqu’alors d’un blanc quasi immaculé. 

« J’espère qu’il en vaut la peine le fromage… » 

Dans la cour de la ferme, un vieil homme vient au devant de la voiture. Il indique une place pour se garer et accueille les visiteurs : 

 » C’est mon fils maintenant le chef. Je vais le chercher« .

Le fils arrive, en combinaison bleu. Il éponge son front d’un revers de manche, sert les mains des nouveaux venus, et les entraîne vers la stabulation. Le gars est rôdé aux vacanciers. Et puis ça tombe bien, c’est la traite. De démonstrations en explications, il raconte son métier, son fromage et son lait. Mademoiselle voudrait essayer. Il lui montre comment traire à la main. Elle se lance pendant que Monsieur fait des photos.

« On va prendre un fromage. Et puis on peut vous prendre un litre de lait frais? Pour faire une crème. »

« Pour faire une crème se sera parfait, vous verrez »

Le lait encore chaud dans une bouteille en plastique, le fromage dans son petit papier, les deux s’en vont comme ils étaient venus. Tout heureux d’avoir retrouver la terre. Paysans le temps d’une traite, le temps des vacances. A coup de « quand même ils se lèvent tôt » et de « et puis la sécurité de l’emploi… je te dis pas… » et aussi de « on devrait prendre le lait directement chez le producteur toute l’année » ces deux là traversent le petit bois de noisetiers. Et c’est un vrai petit bonheur.

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