Petit bonheur numéro deux cent dix huit : manger une glace à la plage

Ce petit bonheur là va prendre chocolat pistache.

La plage en bord de lac a la côte. Il y a ceux qui y bronzent, ceux qui y jouent aux raquettes, ceux qui y suent sur une grille de mots croisés, ceux qui, sous les arbres, profitent du terrain de pétanque, ceux qui bouquinent, ceux qui se jettent à l’eau, ceux qui tentent une approche, ceux qui se remettent de la crème solaire.

Alanguie sur sa serviette, Mademoiselle enfonce un à un ses orteils dans le sable brulant. 17h30. Monsieur sort de l’eau et se jette trempé sur sa serviette chaude.

« Dis donc, il ferait pas un peu faim là? Ca te dis un gouter? »

« Il y a des abricots et des sablés dans le sac »

« Non mais un vrai gouter… Ca te dis pas une glace? »

Monsieur plonge le bras dans son sac et en sort son portefeuille. Un billet de 5 euros à la main, il demande à Mademoiselle ce qu’elle veut.

« Un truc à la vanille. Mais pas un truc pour enfant hein… »

Devant le café-glacier, il y a la queue. Monsieur en profite pour détailler le panneau de glace affiché à l’entrée. Des cônes fraise, des cônes chocolat pistache, des esquimau chocolat, des glaces pousse-pousse, des glaces à l’eau en forme de fusée à étages, un sorbet en forme de lion et même une glace aux bonbons. Sur le fond bleu, des photos de crème glacée et de cônes en tous genres, de ces images que l’on ne voit qu’en vacances, sur les bords des lacs ou dans les villages perdus, à l’attention des quelques touristes qui s’aventureront dans le coin.

C’est au tour de Monsieur. Un esquimau vanille et un cône choco-pistache. Le retour se fait au pas de course jusqu’à la serviette où Mademoiselle termine un article du journal.

« Tiens »

« Merci« .

Les emballages disparaissent bien vite. Le chocolat coule déjà le long du cornet. Monsieur tente d’empêcher à petits coups de langue les gouttelettes au chocolat de tâcher sa serviette. Il s’en met sur le nez au passage. Calée contre le parasol, Mademoiselle croque dans l’esquimau. La coque chocolat se fendille. La crème glacée vanille coule dans la gorge. Du bout du pouce, Mademoiselle retire le chocolat que Monsieur a réussi à se mettre sur le front en rattrapant de justesse une goutte aventureuse qui filait à la pointe du cornet. Au loin, les rires des enfants, les boules de pétanque qui s’entrechoquent, le vent dans les pins, les cris des plaisanciers partis en pédalos. Mademoiselle laisse fondre sa glace sur ses lèvres, mordillant le bâtonnet. Monsieur en est à croquer le fond du cornet en chocolat. Un vrai petit bonheur.

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