Petit bonheur numéro deux cent seize : mettre de l’après soleil

Ce petit bonheur là s’en tartine généreusement le cou.

La première journée de vacances est toujours la plus exquise. Dans la chambre du gîte, les valises éventrées sont quasiment vides, les placards débordent de vêtements froissés. Dans la salle de bain, le long de la fenêtre, les flacons d’avant soleil, pendant soleil et après soleil sont alignés. En cuisine, on cherche encore un peu où sont les bols et comment fonctionne la cafetière. Monsieur est allé à pied chercher le pain dans la petite boulangerie du village, repérée la veille au soir.

En mordant dans les tartines généreusement beurrées, le couple feuillette les guides et prospectus du coin. Le programme des vacances est encore vierge, tout est à inventer.

Sur un carnet, Monsieur note quelques idées. Le lac immense qui ferait un beau but de promenade. La crique un peu cachée on l’on accède qu’en bateau. Le musée du village voisin. Le village médiévale. Peu à peu, la liste s’allonge et Mademoiselle, songeuse, tourne distraitement les pages du guide.

Finalement, on tranche pour la promenade autour du lac. 3h de marche, un bon début pour commencer. Et puis une fois exténué, ils pourront se reposer sur la petite plage. Retour prévu en début de soirée pour lancer un barbecue.

La première randonnée est la plus difficile. Le corps a oublié les petits pas, l’un après l’autre. Il a oublié la mesure et part, trop confiant, sans ménager sa peine. 2h plus tard, le corps traine sur le sentier, trouvant dans n’importe quelle fleur, n’importe quel belvédère, une excuse pour interrompre l’effort et faire une pause photo. La petite plage est bien là, à 2h30 de marche. Elle attend les serviettes du couple. Mademoiselle ôte ses gros godillots, Monsieur éloigne ses chaussettes humides. Dans le sac à dos, la main cherche la crème soleil et s’en tartine les épaules, les jambes, les bras, le cou, le visage. Ne reste qu’à se prélasser en bouquinant, les pieds dans l’eau.

Le soleil est encore haut mais les ombres des arbres ne trompent pas. Il est temps de songer au barbecue. Comme prévu, le retour ne prend qu’une petite demi-heure. Puis, la voiture ramène sagement les deux randonneurs à la maison.

Le bonheur est alors dans l’eau tiède qui rince le corps las, dans l’odeur du savon, dans les vêtements chauds et secs enfilés alors qu’on est encore humide. Dans les bain de soleil, les deux amoureux surveillent la cuisson des saucisses en trinquant aux vacances. Mademoiselle a rapporté de la salle de bain le flacon d’après soleil. Doucement, elle masse les épaules rougies de Monsieur. Doucement, elle tartine de crème les bras, le cou, les jambes déjà un peu brunies. La crème sent les vacances. Et c’est un vrai petit bonheur.

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