Petit bonheur numéro deux cent treize : la pluie chaude

Ce petit bonheur là entend venir l’orage.

Il fait lourd. Très lourd. Le ciel bleu de ce matin s’est laissé grignoter petit à petit. De gros nuages noires s’avancent au dessus des champs, laissant leurs ombres immenses plonger les chemins dans le noir. Le vent se lève.

En ville, les passants se dépêchent de rentrer, les parapluies commencent à s’ouvrir. Sur le trottoir brulant, les premières gouttes explosent discrètes, imprimant des ronds gris foncé sur le bitume gris clair.

Et soudain, c’est le déluge.

Dans la rue, quelques retardataires se blottissent sous les rares abris : une porte cochère, un abribus. L’eau ruisselle, au loin le ciel se fâche. Mademoiselle, à la fenêtre du bureau, compte les secondes entre l’éclair et le coup de tonnerre. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Il est loin.

Le vent faiblit, les coups de tonnerre s’éloignent. Mademoiselle a finit sa journée. Sac à l’épaule, elle passe la porte vitrée sous une pluie lourde mais éparses. Quelques gouttes de ci de là, dans une lumière d’après orage, quand le ciel lève le voile sur une toile rose orangée.

Sur la terre fumante, l’eau distille l’odeur acre d’une poussière d’été collante. L’eau chaude rince doucement l’été. Sans parapluie, Mademoiselle laisse les gouttes mouiller ses cheveux, l’eau coller son t-shirt. Ca sent l’été, ça sent le foin humide et la terre abreuvée. Et c’est un vrai petit bonheur.

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