Petit bonheur deux cent neuf : pique niquer

Ce petit bonheur a mis deux assiettes et des couverts dans le panier.

Ce matin, en prenant le petit déjeuner dans le jardin, Monsieur regarde les oiseaux dans le ciel sans nuage. « Tiens, et si on allait pique -niquer ce midi? »

Mademoiselle a levé un sourcil en finissant son bol de café : « ah ben oui, tiens, c’est une idée. »

Si tôt dit, la table est débarrassée et en cuisine, les deux préparent un semblant de pique nique improvisé. Monsieur coupe un melon, Mademoiselle sort le pain, le jambon, les tomates et fait cuire un clafoutis aux cerises.

Les bouteilles d’eau sont au frais, Monsieur y met aussi une bouteille de rosé. Mademoiselle ajoute deux verres à vin dans le panier et deux serviettes. Pour l’itinéraire, Monsieur vérifie le long de la carte IGN si la route s’approche du coude de la rivière, près du bois, à une cinquantaine de kilomètres de là, à côté du village mais pas trop, à côté du château mais pas trop.

Le plaid attend sagement dans le coffre. Les chapeaux et les crèmes solaires sont déjà dans le sac à dos. Mademoiselle ajoute une revue de fille et un livre plus sérieux. Monsieur, lui, glisse l’Equipe dans la besace. A midi et demi, tout est prêt. Les portières claquent, le moteur démarre dans un bruit de tondeuse.

Les fenêtres ouvertes, la radio qui fredonne, les deux jeunes gens filent à train d’escargot vers la fameuse rivière. Derrière le tracteur chargé de foin, Monsieur ne râle pas. Derrière la camionnette qui flâne, Monsieur chantonne. Au milieu des champs, la route sillonne, laissant les tournesols à droite et le blé à gauche. En haut de la côte, la voiture peine. Elle aussi réclame une pause. Ca tombe à point, le chêne marque le croisement. A droite, la rue du village, et au loin, la silhouette du château. A gauche, un chemin de traverse qui descend entre les tilleuls. Monsieur se gare juste sous un tilleul au moins centenaire. On finira à pied.

Lui porte le sac à dos et le panier. Elle le plaid et les chapeaux. De l’allée herbeuse, on entend au loin chanter l’eau. Trois cent mètres plus loin, la rivière fait un coude. En continuant sur encore quelques mètres en aval, rive gauche, il y a un rondin qui sert de pont. Ensuite, rive droite, il suffit de  passer le saule et d’éviter le taillis. A l’abris des regards, une crique d’herbe fraîche juste en bord d’eau. Un peu de sable, quelques rochers. Mademoiselle étend le plaid, Monsieur dispose les vivres.

Sur ce carré de paradis, les deux amoureux rejouent le déjeuner sur l’herbe, paraissant entre papillons et fleur de trèfle, mordant dans une part de melon en réfléchissant sur des mots croisés, faisant un test de fille dans un magazine de fille en coupant des sandwichs. Et c’est un vrai petit bonheur.

 

 

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