Petit bonheur numéro cent quatre vingt seize : se réveiller avec sa chanson préférée

Ce petit bonheur là a ouvert les yeux avec le sourire.

Bien sagement allongé(e), le corps empêtré dans la couette, les bras serrant l’oreiller, le nez et la bouche de profil et les yeux disparaissant dans les plis du coussin, nous voilà identique à un tableau de Picasso, s’il avait pris la peine de représenter ses demoiselles d’Avignon assoupies.

Sous l’épaisse chevelure se trament des scénarios rocambolesques. Des aventures improbables où l’on se met en scène côtoyant soudain intimement le président Obama tandis que notre mère vente nos mérites à notre N+1 et que celui ou celle qui partage notre vie se lance dans une carrière internationale de funambule lanceur/se d’assiettes. Avec le service en porcelaine de la mère d’Obama qui, du coup, fait irruption dans notre subconscient affublée de la robe de mariée de notre belle-Maman, entraperçue sur une photo posée sur le buffet lors de la dernière visite (la robe de Belle Maman, pas la mère d’Obama).

Nous en sommes donc à tenter de dénouer les fils quand soudain, sans attendre le dénouement, un air s’immisce dans l’histoire. Un homme avec une guitare arrive au beau milieu de la conversation animée entre la mère d’Obama et notre Cher(e) et Tendre et se met à entonner le refrain de notre chanson préférée. Les deux protagonistes sont éberlués. Le chanteur persiste.

Le refrain est de plus en plus entêtant. On réalise alors qu’il ne vient pas du rêve mais plutôt du bord du lit.

Alors, les yeux encore clos, définitivement conscient(e) de ce que cet air qui nous tire du sommeil signifie, nous attendons, allongé(e), sans bouger. Les lèvres dessinent, muettes, les paroles. A côté de nous, notre Cher(e) et Tendre grogne. Il/Elle réclame un sursis dans sa nuit. Mais, impitoyable, la chanson continue, enchainant invariablement les couplets et les refrains.

Un grand sourire aux lèvres, les yeux maintenant bien ouverts, nous fredonnons le refrain. Puis, debout d’un seul coup, nous voilà gesticulant sur une chorégraphie improvisée, la lampe de chevet pour micro et notre moitié semi-consciente pour public. La journée commence décidément très bien. Et c’est un vrai petit bonheur.

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