Petit bonheur numéro cent quatre vingt six : le dernier jour d’école

Ce petit bonheur là écoute la cloche sonner une dernière fois.

Dès le matin, personne n’était vraiment concentré. D’ailleurs, il n’y avait rien à apprendre aujourd’hui.

La maitresse a sorti des cartons et les enfants rangent ce qui a été le décor de leur année. La frise dessinée à 50 mains en septembre. Le tableau avec les jours de la semaine. Et celui avec les mois de l’année. Le tableau avec les photos de chacun pour les anniversaires. Les monstres en papier mâché fabriqués au carnaval. Et puis la photo de classe, épinglée sur le tableau de liège au dessus des livres de lecture.

Une petite fille demande si elle peut garder en souvenir l’étiquette avec son nom qui désignait son porte manteau. Tous les autres veulent faire pareil. La maitresse dit oui. Dans la caisse aux objets trouvés, une cagoule et une écharpe savent bien qu’elles passeront les vacances en exil.

Quand la classe a été vide, la maitresse a dit aux enfants de sortir dans la cour. Les autres classes attendaient déjà. Les institutrices ont lancé une partie de ballon prisonnier. Puis les maitresses ont fait une course en sac. A la récré, la maitresse des petits est venue avec sa guitare. Les enfants ont chanté L’école est finie.

De retour en classe, la maitresse a lu une histoire. Et puis elle leur a dit que pour elle aussi, l’école est finie. Elle a dit qu’à la rentrée, elle ne serait pas là, qu’elle s’occuperait de son jardin et de ses petits enfants. Les élèves ont demandé étonnés quel âge avait les petits enfants. La maitresse a dit  » comme vous. Entre 7 et 9 ans« . Ils n’en sont pas revenus que la maitresse soit grand-mère.

La cloche a sonné. Dans la cour, les plus grands s’échangent leurs adresses, le numéro de téléphone de la maison. On se raconte ce que l’on ferra, on se promet de s’écrire, de se voir même , et de s’inviter très vite. Et puis on se console en se disant que dans 2 mois, on se retrouvera dans la même classe, dans la même cour. Mais sans la maitresse.

Les collègues de la maitresse lui ont apporté des fleurs et des chocolats. Un livre sur le jardin, un autre sur la lune. Et elles se sont cotisées pour lui offrir un hamac et une chaise longue de compétition. La directrice a fait signer dans un livre tous les élèves et tous les anciens élèves qu’elle a pu retrouver via Facebook. La maitresse est émue, les parents viennent dire au revoir, et merci. Les bras des petits s’accrochent au cou de l’institutrice.

Dans la cour, ça crie, ça hurle, ça joue. On part à regret, le cartable vide mais la tête pleine. Les plus grands savent qu’ils ne reviendront pas. L’an prochain, ils seront les plus petits d’une nouvelle cour, d’un nouveau collège, plus loin.

Les arbres du parc savourent la quiétude qui se dessine. Le préau se vide doucement. Un ballon oublié roule jusqu’au banc. L’école prend ses vacances. Et c’est un vrai petit bonheur.

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