Petit bonheur numéro cent quatre vingt un : le dimanche soir

Ce petit bonheur là fait durer le plaisir.

La maison profite encore des derniers rayons chauds. Dehors, ça bourdonne à tout va, entre les allées fleuries et les haies, les oiseaux accordent leurs violons.

Sur la table du diner, on a sorti le contenu du frigo. Le dimanche soir, c’est pique nique. Les restes d’une salade de concombre, un demi melon, une assiette de charcuterie, un peu de poisson froid, une salade, quelques radis. Le pain, le fromage et le reste d’une bouteille de blanc attendent sur un plateau.

A la télévision, le top du journal télévisé est lancé. L’un des deux éteint l’écran et allume la radio. C’est l’heure du Masque et la Plume sur Inter.

Pendant qu’ils pique-niquent, Monsieur et Mademoiselle commentent parfois les analyses de ces critiques toujours prompt à détruire tel ou tel livre, tel ou tel film. Le plus drôle étant le théâtre, quand leurs commentaires exacerbent les relents de parisianisme plus ou moins dissimulés. Mademoiselle s’agace en plongeant sa cuiller dans une part de melon. Monsieur rit de la sentence tranchée et définitive d’un des participants « ce film est une daube ». Mademoiselle hausse les épaules. « C’est du Saint Beuve face à Flaubert. Ca m’amuserait tellement que quelqu’un leur réponde comme à fait Proust dans Pastiches et Mélanges« . Monsieur rit encore davantage : « Tu devrais te porter volontaire pour rejoindre l’équipe. Tu serais toujours en désaccord avec eux et moi je rigolerai bien« .

L’emission se termine. Mademoiselle fait chauffer de l’eau pour une infusion. Monsieur termine la tarte aux abricots du déjeuner.

La bouilloire siffle. Mademoiselle vérifie dans son sac à main qu’elle a tout ce qu’il faut pour le lendemain. Elle relit son agenda, commence déjà à organiser ses rendez-vous. Monsieur repasse sa chemise. Mademoiselle se choisit une tenue.

La tasse chaude à la main, elle se cale dans le canapé, la tête sur l’épaule de Monsieur. Le couple regarde un épisode d’une série. Mademoiselle  n’aime pas les dimanche soir. « Ca sent la fin de règne, murmure t-elle, le weekend sait bien qu’il en a terminé pour cette fois et déjà lundi le pousse pour prendre sa place. »

« Il faut bien qu’il y ait un lundi pour qu’il y ait un dimanche » philosophe Monsieur.

On en est déjà à planifier la semaine. A regarder qui sera de diner, qui ira chercher le pain. On sait déjà que pour les 5 prochains jours, il n’y aura pas de lambinage en terrasse ni de diner qui traine au jardin. Mais Monsieur connait la parade pour le blues de Mademoiselle. Il lui caresse les cheveux en lui montrant, jour par jour, les avantages des 5 prochaines marches avant le weekend.

Lundi passe vite.

Mardi, on se regardera ce film qu’on voulait voir.

Mercredi tu déjeunes avec ta copine.

Jeudi, c’est presque le weekend.

Vendredi, on y est.

Et c’est un vrai petit bonheur.

 

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