Petit bonheur numéro cent soixante dix-huit : avoir une bonne nouvelle à annoncer

Ce petit bonheur là en bout d’impatience.

Avant de prendre la parole, avant d’entrouvrir les lèvres et d’articuler les quelques mots qui feront l’événement de la soirée, ou au moins de l’heure, on les roule doucement en bouche. Comme un bon vin, on aère la phrase, on la laisse venir, on la réprime. On la tourne et retourne. On la retravaille.

A voix basse, dans la tête, on l’articule, on la prononce. Un mot pour un autre, plus juste. On réessaie. Chaque mot à sa place.

Quelque soit la phrase, on la veut juste. On la veut à soi, avec ses propres mots. Empreints de sens et d’émotions.

Peu importe qu’on annonce une naissance, une grossesse, un nouvel emploi, une nouvelle maison ou un nouveau projet. Peu importe qu’on annonce avoir décroché son bac ou le permis.

Le bonheur est en trois temps. D’abord, cet instant où l’on découvre. Puis, cet instant où l’on prépare. Enfin, cet instant où l’on annonce.

La langue est prête à jouer son rôle. Dans le ventre, les cocons ont donné naissance aux papillons. D’impatience, ils battent des ailes. Ils attendent le bon moment.

Et le bon moment arrive.

Il faut se lancer. Les mots buttent sur les lèvres. Et soudain, la phrase s’articule. Les regards se tournent vers l’intéressé(e), on félicite, on embrasse. Les papillons quittent le ventre et battent des ailes tour à tour dans le coeur et dans la gorge. Un vrai petit bonheur.

 

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