Petit bonheur numéro cent soixante quinze : l’odeur de son amoureux

Ce petit bonheur là a l’odeur des sentiments.

Il parait que c’est une histoire d’hormones. Ou une histoire d’anticorps. Parfois on dit aussi de phéromones.  C’est surtout une histoire d’amour.

Quelqu’un a dit un jour que les filles cherchaient toute leur vie l’odeur de leur père. C’est un peu trop oedipien pour Mademoiselle. Elle ne cherchait pas d’odeur. Elle ne cherchait pas non plus une couleur, qu’elle soit d’yeux, de cheveux ou de peau. Elle ne cherchait que des bras adaptés à ses épaules pour la prendre et la serrer contre soi. Elle ne cherchait que des mains suffisamment longues pour enlacer ses doigts. Elle ne cherchait qu’une joue pour poser ses lèvres. Un coeur pour harponner le sien.

Il y a eu des gars. Et puis il y a eu Monsieur.

Monsieur a les bras adapté pour saisir sa taille. Il a les mains suffisamment longue pour enlacer ses doigts, les joues prêtes à être embrasser. Monsieur est devenu Le Gars.

Monsieur et Mademoiselle se sont adoptés.

Le matin, parfois, quand Monsieur se lève avant Mademoiselle, Mademoiselle dans un demi sommeil, pose sa tête sur son oreiller à lui. L’oreiller garde, encore tiède, l’odeur de Monsieur dans les plis du tissus. Mademoiselle enfouit son nez dans le coussin et respire à plein poumons. Ca sent l’homme, ça sent la nuit défaite et agitée, ça sent le petit matin qui sommeille.

Le soir, parfois, quand Monsieur rentre si tard que Mademoiselle est déjà couchée, elle s’endort blottit dans un t-shirt d’homme. Celui de son homme. Celui qui sent l’effort ou juste l’après rasage. Ca sent le quotidien, de celui qui construit des souvenirs. Mademoiselle laisse son corps flotter, entre le soir et la nuit, le nez dans le col du t-shirt. Monsieur est là.

L’odeur de Monsieur ne s’explique pas. Elle ne se décrit pas parce que les mots n’ont pas d’odeur, seulement l’idée que l’on en a. Monsieur sent la force, la puissance virile d’un homme. Monsieur sent la tendresse, la sensualité rassurante d’un homme. Ca sent le musc, l’ébène, le tilleul et la pomme. Ca sent les soirs d’hiver devant le feu, les soirs d’été couchés sur l’herbe fraiche, les soirs de printemps en promenade dans les vergers en fleur et les soirs d’automne tapis dans la forêt.

L’odeur de son Amoureux, c’est cette flagrance qui se diffuse insidieusement dans son sillage. C’est ce petit bout de lui qui reste, qui flotte dans l’air quand Monsieur quitte la pièce. C’est cette empreinte de lui accrochée à nous, de celle qui rassure, de celle qui apaise. Celle que l’on cherche la nuit, en même temps que sa main. Celle d’un petit bonheur.

 

 

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