Petit bonheur numéro cent soixante huit : fouiller son sac

Ce petit bonheur là entend bien le téléphone sonner mais ne parvient pas à mettre la main dessus.

C’est toujours comme cela que ça se passe. Le sac sur l’épaule, Mademoiselle marche à toute allure, en route vers quelques obligations. Soudain, sur le flanc, ça vibre. Mademoiselle ne s’arrête pas, glisse sa main dans la besace énorme, disproportionnée pour ce qu’elle a de véritablement indispensable à emporter. Rien à faire. La main cherche, la main fouille, la main s’agace en refermant à vide ses doigts sur un stylo, un agenda ou un étui de carte bancaire.

Devant l’insistance de la sonnerie et l’inefficacité de l’exercice, Mademoiselle finit par s’arrêter et poser son encombrent bagage sur une borne incendie. Elle éventre le baluchon. Le sac n’en finit plus de vibrer, un téléphone dans ses entrailles.

Le stick à lèvres tente une sortie et s’échappe de la poche ouverte pour finir de rouler sur le trottoir. L’agenda vert pomme dans une main et le portefeuille bleu ciel dans l’autre, Mademoiselle rage que son téléphone n’est pas choisi comme ses comparses une couleur de l’arc en ciel.

Nous avons déjà disserté sur le contenu du sac des filles. Nous savons combien il s’encombre de choses à première vue inutiles. De ses bagages que l’on porte pour le cas où. De ces petits bouts d’identité qui nous ressemblent.

La sonnerie ne fait plus entendre son écho. Les entrailles ne vibrent plus. Mademoiselle peste et découvre, dans la petite poche du côté, un téléphone qui attend sagement qu’on lise le message qu’il affiche en gros caractères : un appel en absence. Mademoiselle vérifie la messagerie. Sa soeur voulait savoir si elle pouvait garder Charlotte ce soir, le temps qu’avec son mari, ils se fassent un ciné. Mais puisqu’elle ne répond pas, elle va appeler la baby sitter.

Mademoiselle n’hésite pas longtemps entre sa bonne conscience qui lui commande de rappeler et les projets initiaux de sa soirée qui lui commandent plutôt de faire la muette. Ce sera la muette.

En rangeant un à un les bidules plus ou moins utiles dans son sac, elle se félicite d’en avoir tant dans sa carapace. Parce que cette fois ci, ils ont évité à Mademoiselle de bredouiller quelques secondes et de finir par accepter, renonçant au passage à sa soirée câlins-chocolat-dvd avec Monsieur. De quoi justifier d’avoir un tel bazar sur le dos. Et c’est un vrai petit bonheur.

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