Petit bonheur numéro cent soixante sept : la fête des pères

Ce petit bonheur là embrasse son Papa.

Un Papa, ça ne dit pas grand chose. Ca parle utile. Quand un Papa entrouvre la bouche, c’est pas pour dire « Je t’aime » mais pour dire « Où tu vas? ».

Un Papa ça ne prend pas dans les bras pour faire un câlin. Ca prend dans les bras utile.  Ca vous attrape pour passer la rivière ou pour franchir le pont.

Un Papa ça ne téléphone pas. Au mieux, ça envoie un mail de temps en temps, pour écrire utile. Ca partage un contact pro ou un article d’info.

Un Papa ça joue pas pour jouer. Ca joue utile. Ca fait la bagarre pour de faux pour apprendre aux petits à se défendre, ça tape dans un ballon pour apprendre à anticiper, ça tire à l’arc en plastique pour apprendre à viser.

Un Papa, ça ne fait pas la cuisine au quotidien. Ca fait à manger utile. Quand il y a un public un peu plus étoffé à épater.

Un Papa ça dit jamais « je ne sais pas« . Ca dit « cherche toi même et vient dire à Papa la réponse, je te dirai si c’est ça« .

Un Papa, on ne lui offre pas des fleurs. On lui offre utile. Du vin, un livre ou une nouvelle paire de chausson.

Quand on est une fille, on ne sait pas trop comment apprivoiser son Papa. Ca prend du temps, mais en général, on y arrive. Ca se passe de mots, ça se passe de geste. C’est pas utile.

Quand on est un garçon, on ne sait pas trop comment épater son Papa. Ca prend du temps, mais en général, on y arrive. Ca se passe de mots, ça se passe de geste. C’est pas utile.

Papa est épaté en silence. Jamais il ne dira qu’il est fier. Mais il est fier. Jamais il ne dira qu’il nous aime. Mais il nous aime. Papa n’a pas besoin de parler. C’est dans ses yeux, tout au fond de ses yeux, dans ses prunelles qui n’ont jamais pleuré devant nous.

Parfois, Papa n’est plus là. Et on reste seul(e) avec les regrets de ce que l’on n’a pas partagé ensemble et les remords de ce que l’on a pas pris le temps de lui dire. On se demande alors parfois, au détour d’un coin de vie, ce qu’il aurait pensé, ce qu’il aurait dit. Il n’aurait rien dit. Mais il aurait été fier. Parce que dans son ombre, dans son absence, dans son souvenir, on est un petit peu de lui qui vit encore. Parce que parfois, dans un regard ou dans un geste, on lui ressemble. Il aurait été fier qu’on veuille parfois lui ressembler.

Parfois, Papa est encore là. Et on se dit qu’on a de la chance. Même si jamais, ni lui ni nous, ne dirons qu’on tient l’un à l’autre. Même si jamais ni lui ni nous, ne tomberons dans les bras l’un de l’autre. Pourtant, on se ressemble.

Un Papa, ce n’est qu’une fois dans la vie. Qu’il soit Papa de sang ou Papa de coeur, qu’ils soient Papas au pluriel ou Papa au singulier. Un Papa, c’est un peu de nous en plus jeune, et nous c’est un peu de lui en plus vieux. Un Papa, c’est parfois difficile. Un Papa, il est comme il est, jamais comme on l’aurait voulu, jamais parfait. Mais un Papa, c’est comme une Maman, ça fait de son mieux. Et c’est un vrai bonheur.

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