Petit bonheur numéro cent soixante deux : classer les photos

Ce petit bonheur là ne se souvient plus, les vacances en Auvergne c’était 2010 ou 2011?

Le colis est arrivé hier au relais. Mademoiselle s’est empressée d’aller le chercher, à vélo, à travers les chemins de campagne. Ce n’est que 8 km plus loin, une fois sur place, qu’elle a réalisé en voyant le buraliste revenir avec un énorme paquet, que le panier du vélo serait un peu juste. Elle est revenue à la maison une main sur le colis et l’autre plus ou moins sur le guidon.

La porte à peine passée, elle éventre le carton avec son couteau de cuisine. Soigneusement emballée dans un papier kraft, trois piles de photos attendaient de revoir la lumière.

Mademoiselle étale sur la table les trois cents clichés. Certains ont déjà deux ou trois ans, d’autres datent d’il y a quinze jours. Elle découvre sur papier glacé les images qui défilaient jusqu’à présent sur son ordinateur.

Sur celle ci, la soeur de Mademoiselle fait une drôle de tête. Sur celle là, c’est Monsieur qui fait le clown. Là, les parents de Mademoiselle à l’anniversaire de Charlotte. Et là la maison sous la neige cet hiver. La première jacinthe. Les hortensias de Bretagne. Le gâteau d’anniversaire de Charlotte. Il y a aussi les vacances en Auvergne, l’anniversaire surprise du frère de Monsieur. La visite du château. Les photos de groupe.
Mademoiselle a aussi profité de l’occasion pour faire réimprimer des vieux portraits de famille. La grand-mère le jour de ses 90 ans, deux semaines avant qu’elle ne meurt. Le père de Papi, que Mademoiselle n’a jamais connu.

Et puis, évidemment, il y a les photos de couple. Celle de Monsieur embrassant Mademoiselle, celle des deux devant le port de la Rochelle, celle du couple en pique nique près d’un lac.

Mademoiselle sort l’album photo. Elle entreprend de classer comme il se doit les clichés. D’abord par ordre chronologique, avec une légende et souvent un petit dessin. Un phare près de la photo du couple à la mer. Un champs de fleurs pour encadrer la photo de Charlotte à vélo au milieu des prés.

Certains portraits, les plus beaux, sont en double. Mademoiselle leur garde une place toute particulière. Celle de l’album aux portraits. Tous les gens qui ont compté -ou qui compte toujours d’ailleurs- y ont leur place. Parfois en plusieurs exemplaires.

De temps en temps, Mademoiselle s’attarde sur un cliché, traine sur une page. Rien qu’à regarder la mer, elle a l’impression de sentir le sable chaud sous ses pieds. Rien qu’à regarder son frère souffler ses bougies, elle a l’impression de reprendre la fête là où elle s’est figée, au moment où quelqu’un a dit « on sourit pour la photo! ». Les souvenirs se réinventent au milieu des images, s’inspirent des instants qu’on a fixé sur papier. Les meilleurs moments de toute une vie se côtoient, en voisin, de page en page. Témoins, béquilles de la mémoire, d’album en album. Et c’est un vrai petit bonheur.

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