Petit bonheur numéro cent cinquante et un : mettre un pansement camion

Ce petit bonheur là s’est égratigné le poignet.

Comment s’est arrivé déjà? Une courgette récalcitrante qui s’échappe au moment de passer sous la lame en acier du couteau de cuisine. Ou bien un verre cassé en morceau qui coupe au moment où on le ramasse. Ou encore un chaton agacé par une souris factice qu’on agite sous son nez…

Bref. Peu importe comment s’est arrivé. Mais Monsieur perd quelques gouttes rouges sur le carrelage de la cuisine et hurle déjà qu’il s’anémie, qu’il se vide de son précieux sang, qu’il meurt, qu’il est mort. Monsieur s’est blessé.

Les garçons veulent jouer les héros. Ils annoncent la couleur à grands coups de « je suis le plus fort » et de « même pas mal », de « j’ai fait du judo 8 ans » et de « je peux me bricoler sans gants de protection ni lunettes, je suis un bonhomme moi ».

Les garçons jouent les héros. Mais en vrai, les garçons sont comme tout le monde. Ils ont mal. Ils sont même plus douillets que les filles. Les garçons chouinent quand ils ont un rhume. Ils réclament des bonbons avec le médicaments et des calins avec le remède.Ils veulent un bisou magique pour faire passer le bobo.

A l’entendre, Monsieur souffre le martyr. Il a l’air d’avoir tellement mal que Mademoiselle est presque apitoyée. Mais très vite, elle aperçoit dans le regard de Monsieur le petit quelque chose qui fait semblant. Même s’il est persuadé d’être sincère.

Mademoiselle entraine Monsieur par la main vers la salle de bain. Assis sur le tabouret, Monsieur tend son poignet abimé.

« Attention, ça va piquer »

« Tu mets quoi sur le coton là? »

Mademoiselle est de dos. Elle cache le flacon d’antiseptique et en verse quelques gouttes sur un coton. Puis elle l’applique sur le poignet.

« Aïe »

« Oh… Ca va oui… Sois un peu bonhomme… »

« Mais ça pique »

« Je sais. »

« Mais t’es sadique »

« Si tu te tiens bien, tu auras du rouge »

Mademoiselle met un peu de rouge sur le coton et tamponne la mini égratignure. Puis, elle souffle sur la mini-plaie.

« Bon, on va cacher le bobo pour que tu continue la cuisine sans en mettre partout. »

Pour cacher la mini-mini-coupure, Mademoiselle sort de sa boite à bobos un joli petit pansement camion. Puis, elle retire le film protecteur et le colle sur le poignet meurtri. « Et voilà, beau comme un camion!« . Et c’est un vrai petit bonheur.

 

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