Petit bonheur numéro cent quarante sept : regarder Roland Garros

Ce petit bonheur là est en train d’attraper un torticolis.

Il y a 2 choses qui annoncent l’été. Et les deux sont rouges. La première, c’est lorsque Canal + délocalise une partie de son équipe à Cannes pour suivre en direct le Festival. Il a beau pleuvoir, il a beau faire moche, le tapis rouge annonce la couleur, avec ses personnages qui y défilent en lunettes noires. A Cannes, qu’importe la météo, il fait soleil.

La seconde arrive quelques jours plus tard, à Paris cette fois. De la terre battue et des lignes blanches comme toile de fond. Une balle jaune flashée à une vitesse bien supérieure à celle qui a valu à Mademoiselle sa dernière contravention. Et deux personnages de part et d’autre de l’écran, en short blanc tachée d’ocre rouge. A Roland Garros, qu’importe la météo, il fait chaud.

Impossible d’y échapper. A la radio, à la télé, dans le bus ou à la machine à café, les dialogues sont toujours les mêmes. On parle de la pluie et de Roland Garros. On a d’ailleurs un peu oublié qui était Rolland Garros. C’est un nom générique qui signifie à la fois tennis et été.

A peine rentrée, Mademoiselle se laisse tomber dans le canapé, à côté de Monsieur. Un homme pousse un cri terrible dans la télé. Il vient de servir. « On dirait qu’il vient d’accoucher » ironise Mademoiselle. « Et bien il accouche d’un ace. Pas si mal » observe Monsieur.

15-30.

Mademoiselle n’a pas de favori. Elle sait bien sur qui sont les Français en lice. Il y a celui qu’on voit dans une pub pour des biscuits, celui qui est le fils de quelqu’un et celle qui avait soi-disant grossie. Elle sait aussi que les trois noms qui reviennent le plus souvent sur Facebook sont Nadal, Djoko et Federer. Il y a un an, ses contacts Facebook se battaient entre pro-Hollande et pro- Sarkozy. Il y a six mois, c’était la lutte entre pro-mariage pour tous et pro-manif pour tous. Et désormais, c’est la bataille entre pro-Djoko, pro-Bueno.

A chaque set, Monsieur commente. Monsieur encourage, Monsieur râle. Monsieur a mis sa casquette, pour faire comme les gens dans les tribunes. Mademoiselle fait remarquer qu’en plus de la casquette, la plupart ont aussi le parapluie. Monsieur va chercher un parapluie pendant la pause pub.

De temps en temps, la caméra zoome sur un couple célèbre, installé dans les travées. Mademoiselle essaie de reconnaitre. Elle compare avec les photos des personnalités du programme TV. Bref, elle ne sait pas qui sont ces gens. Monsieur dit que c’est un footballeur et sa copine. Il fait chaud à courir après cette satanée balle jaune. Monsieur ouvre une bière et Mademoiselle se sert un grand verre de jus d’ananas. Et puis il fait faim aussi. La main plonge dans le bol de billes au chocolat.

40-A

4h35 de jeu.

Gauche. Droite. Gauche. Droite. Gauche. Out. Le gars à gauche a gagné. Il se laisse tomber à plat ventre dans la terre.

Mademoiselle plaint celui -ou plus certainement CELLE, les habitudes ont la vie dure- qui va devoir laver le short.

« En revanche… tu crois que c’est long les études pour être kiné? »

Monsieur bougonne… « Si c’est pour tripoter les fesses de ce type… »

« Ben quoi… Je suis certaine que ce serait un vrai petit bonheur… »

 

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Une réflexion sur “Petit bonheur numéro cent quarante sept : regarder Roland Garros

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