Petit bonheur numéro cent quarante trois : mettre des boucles d’oreille

Ce petit bonheur là se clipse parfois, sinon, il s’encoche dans le lobe.

La boite à bijoux est toute petite. Jamais Mademoiselle n’achète de collier, de pendants d’oreille, des bracelet ou des bague. Elle ne se les fait pas offrir non plus. Non, elle n’a qu’une paire ou deux de boucles, deux bracelets et quelques colliers sans valeurs. Et une bague, celle de sa grand-mère. C’est étonnant quand on y pense : chaque parti du corps a ses propres ornements. Il en existe même pour les cheveux, les chevilles, les nombrils. Le corps est son propre manège à bijoux, quand dans l’intimité, sa vraie nature, la nudité seule, est son plus bel ornement.

Parfois, après la toilette, en culotte dans la chambre, Mademoiselle hésite. Elle a envie de s’habiller en fille. Pas à travers les vêtements, non. A travers une touche un peu plus féminine. Elle ouvre la boite riquiqui. Avec le jean et le t-shirt bleu ciel, la veste blanche, peut être un bracelet ? Ou bien le collier de ses dix huit ans, celui que lui a offert sa meilleure amie à l’époque ?

Elle relève ses cheveux et fixe le collier. Un coup d’oeil dans la glace… Pas mal. Il manque juste un dernier détail, puisque les cheveux relevés dégagent un peu ses oreilles, Mademoiselle se dit qu’elle pourrait peut être y accrocher les boucles en or, celles de sa communion. Il y a tellement longtemps qu’elle n’a pas passé ses boucles qu’elles se demandent si les trous ne sont pas un peu bouchés. Elle tâtonne, elle cherche. Elle croit avoir trouvé et lâche un « ouille » en se rendant compte de son erreur.  Elle recommence. La boucle finit par passer. Il ne reste qu’à clipser. Vient ensuite la seconde. Elle suit le même chemin, lâche le même « ouille » et trouve le trou. Dans la glace, les boucles se dessinent juste sous le lobe, frôlant la peau, à peine une ombre portée dans le cou.

C’est tellement rare que Mademoiselle porte des boucles d’oreille… Elle s’étonne elle-même que ça puisse lui aller. Et puisqu’elle est partie, elle met une touche de parfum et un trait de crayon sous les yeux. Mademoiselle se reconnait à peine dans le miroir. Elle se dit qu’elle devrait porter plus souvent des boucles d’oreille. Et c’est un vrai petit bonheur.

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