Petit bonheur numéro cent quarante : pleurer devant la télé

Ce petit bonheur là a choisi les mouchoirs en papier triple épaisseur.

Mademoiselle a un terrible travers. Un petit côté qui agace parfois Monsieur, quand ça ne le fait pas craquer… Mademoiselle est hyper sensible devant la télévision. Autant, devant le journal, les horreurs peuvent défiler sans que la moindre larmichette lui monte à l’oeil. Autant devant les séries télévisées, Mademoiselle est capable de fondre en larme parce qu’un enfant s’égratigne un genou ou parce que l’héroïne s’est cassé un ongle la veille de son mariage.

Dans la vraie vie, Mademoiselle est du genre rocher abrupte, du genre casse-cou, du genre « je me plains pas, fais en autant ». Mais devant la télé, Mademoiselle est une petite fille que tout atteint.

Devant le coffret DVD de la série qu’elle a déjà vu dix neuf fois, Mademoiselle s’apprête à mettre l’épisode le plus tragique. Celui où tous les malheurs s’abattent sur la pauvre héroïne, celui où il y a des enfants malades et des animaux blessés, celui où il y a un amour contrarié et une amitié en danger. Celui qui finalement, se termine bien.

Calée au fond du canapé, Mademoiselle enclenche la lecture du dit-épisode. Dès le générique, elle a la larme à l’oeil (pour être honnête, elle commence à pleurer dès le choix du menu…). Première scène. Premier mouchoir.

Monsieur passe par là, s’étonne de voir Mademoiselle les yeux rougis, jette un coup d’oeil au DVD et hausse les épaules en s’éloignant. Mademoiselle réclame un bisou, ou au moins des bras protecteur. Monsieur, qui aurait bien une idée en tête pour après l’épisode, vient jouer les mâles consolant, embrasse le front de Mademoiselle et lui remonte le plaid sur les épaules. Puis il va vaquer à ses occupations.

Au milieu de l’épisode, Mademoiselle va se chercher un petit carré de chocolat. Elle sent bien son mini bidon un peu serré dans le pyjama, mais elle s’autorise en se répétant qu’elle a besoin de magnésium.  Chocolat et tisane à la main, elle revient s’installer dans le canapé. Quatre mouchoirs ont déjà été abandonnés sur la table basse. Un cinquième le rejoint tandis que l’héroïne retrouve sa mère qu’elle croyait morte et son petit chien qu’elle croyait perdu… « Mon Dieu que de rebondissements » se moque Monsieur qui venait chercher lui aussi un carré de chocolat.

Quarante minutes chez les Américains, ça laisse le temps de surprendre encore. Sixième mouchoirs tandis que l’ami d’enfance annonce qu’il est gravement malade. Condamné même s’il n’a pas un donneur pour un rein. Mademoiselle pleure à chaudes larmes : « pauvre pauvre jeune homme… Il n’a que 25 ans et il venait juste de retrouver son père… »

Monsieur rigole. Et s’enfuit sous le jet de coussins que lui envoie Mademoiselle.

Les dix dernières minutes sauvent Mademoiselle qui, sans l’épilogue heureux, aurait envisager de s’étouffer avec un coussin… Le malade est sauvé, au passage il retrouve un frère. L’héroïne épouse le malade. Elle va à la mairie au bras de son père tandis que sa mère, enfin retrouvée, rayonne au premier rang avec le chien portant les alliances. Oui, c’est kitch. Oui, c’est nul. Mais quand même, Mademoiselle pleure. Mademoiselle renifle, essuie ses yeux et finit le paquet de mouchoirs. Et c’est un vrai petit bonheur.

 

 

 

 

 

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