Petit bonheur numéro cent trente sept : soupirer

Ce petit bonheur là… ahhh…

C’est un petit monde qui s’échappe dans un relâchement des épaules, dans une inspiration profonde et une expiration large. Une bulle rien qu’à soi, un instant d’indécision, un instant de répit.

Ce bonheur là ne doit pas être agressif, il ne doit pas servir à dire ce qui se taisait jusqu’alors. Parce qu’alors, il perd de sa superbe, il perd le sens profond. Parce qu’alors il signifie.

Soupirer est un art. On peut tout faire dire d’un soupir. On peut lui donner bien des sens. Pourtant, calée au fond du canapé, la main sous le menton, les épaules en arrière, le regard perdu par la fenêtre, Mademoiselle, ailleurs, n’a pas de mots à dire. Aucune parole à lâcher. Elle sent le corps las, se fondre dans la masse taupe du canapé. Elle sent ses bras enserrer les cousins. Elle se sent tout entière au repos. Rien à réfléchir, rien à dire. Juste le sentiment de bien être, de complitude.

Chaque inspiration fait pénétrer l’air au plus profond de ses poumons, laissant le bouquet de lilas imprégner de ses effluves les cellules de son coeur. Et, dans cet instant de contentement, en laissant l’air s’échapper par sa bouche entrouverte, elle soupire. Une bulle d’air. Un silence qui se fait doucement entendre. Mademoiselle soupire d’aise. Et c’est un vrai petit bonheur.

 

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