Petit bonheur numéro cent quinze : aller chez le fleuriste

Ce petit bonheur là est une fleur parmi les fleurs.

Ce soir, Monsieur s’occupe du vin et Mademoiselle des fleurs. Ils vont dîner chez Belle-Maman.

La boutique du fleuriste est fraîche. En vitrine, les roses et les lys paressent dans des tubes à essais, le long d’un cadre en bois. Des petites cages en baguette de noisetiers enferment de petits bouquets ronds et quelques plumes blanches restent suspendues entre deux bulles en verre.

A l’intérieur, des seaux et des pots à lait servent de vases aux dizaines d’espèces de fleurs coupées. Des lys blancs, des roses roses, des roses rouges, des roses jaunes et des roses blanches, des mufliers et des gerberas. Des santinis et des oeillets.  Dans une jatte en verre, une brassée énormes de tulipes côtoie une centaine de jonquilles.

Dans des éprouvettes, alignées sur un bout de grillage, les premiers brins de muguet laissent échapper une odeur douce.

Le long du mur, la fleuriste a aligné différents tons d’hortensia. Puis, en face, des citronniers, des orangers, quelques pachiras. Sur un vieil établi, une collection d’orchidées. Et dans les tiroirs grands ouverts, une flopée de cactus en tous genres. Pas de superflus, pas de kitsch ou de décor, juste les fleurs, étalant leur couleur, dispensant leurs effluves. Un royaume végétal à l’abris des lumières crues et des parfum de synthèse.

La fleuriste porte un tablier lin. Elle écoute les demandes de Mademoiselle. Du vieux rose et du blanc, un bouquet tout rond. 20 euros.

Puis, elle pioche, elle prend une tige, une autre, en repose une et en choisie une autre. Elle butine, de pots en pots, essayant une teinte, demandant approbation d’un regard. Une rose, un peu de muflier, un lys. Elle chantonne en façonnant son tableau tout rond, son tableau blanc et rose.

Puis, sur sa table, elle coupe un carré de papier presque kraft de couleur. Elle aligne les tiges, ajuste les fleurs, demande si c’est pour une occasion. Le bouquet dans une main, elle lise le papier et l’entoure d’un morceau de ficelle, en serrant bien sous les épines des roses. Enfin, elle agrafe la carte du magasin et un sachet pour ses protégées.

Mademoiselle repart, le sourire aux lèvres, les fleurs à la main, comme on quitte un jardin, une rosière un soir d’été, le château de Chaumont ou les champs sauvages de coquelicots et de lin. Et c’est un vrai petit bonheur.

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