Petit bonheur numéro quatre-vingt-dix-huit : tapoter son oreiller

Ce petit bonheur là veut que ça soit plus gonflé ici et plus plat là mais frais partout.

C’est un rituel que Mademoiselle ne manque jamais d’accomplir. La nuisette blanche glissée sur sa peau nue, les cheveux juste coiffé, le maquillage soigneusement retiré, elle approche du lit. Doucement, elle glisse son corps entre la couette et le matelas, bien au chaud dans les draps encore frais, qu’elle réchauffe en frottant doucement ses jambes l’une contre l’autre.

Elle tamise la lumière, puis s’allonge. Et c’est à cet instant que l’exercice doit se réaliser. La main saisit l’oreiller et le colle contre la joue. Il faut faire un tas au niveau de la nuque, mais pas de boudin, non. Il faut que les plumes se calent entre son bras et sa joue, mais que l’oreiller reste creux au niveau du nez, pour que l’air frais se fraye un chemin.

Mademoiselle s’y reprend à plusieurs fois. Pourtant, la marge de manoeuvre est réduite. Si elle tapote trop longtemps, elle chauffe le linge. Or, l’oreiller se doit d’être frais.

Première tentative : trop plat. Deuxième tentative : trop épais sous le cou, elle va avoir un torticolis. Troisième tentative. Mademoiselle soupire, satisfaite. Le bras sous l’oreiller, le visage calé entre les plumes. La respiration de plus en plus régulière, Mademoiselle tend la main pour éteindre la lumière. Et doucement, s’endort.

Dans son sommeil, elle se tourne, se retourne, et défait l’oreiller pourtant si soigneusement tapoté. Et c’est un vrai petit bonheur.

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