Petit bonheur numéro quatre-vingt-dix-sept : aller sur le marché

Ce petit bonheur là achète une salade et une botte de radis. Et puis tiens, finalement, une douzaine d’huitres aussi.

Il y a deux sortes de dimanche. Il y a le dimanche paresseux, celui qui attend au lit que midi sonne à l’église, qui consent à se lever uniquement pour mordre dans un croissant et qui passe l’après midi calé dans une chaise de jardin ou bien sur un canapé.

Et puis il y a le dimanche enthousiaste, celui du petit déj englouti en écoutant de la musique, du grand ménage, de la promenade et des projets. Ce dimanche là commence souvent, après le café-brioche, par un tour sur le marché.

On ne peut pas vraiment dire qu’il y ait nécessité à faire un tour au village. Le frigo déborde, les courses ont été faites, et les menus de la semaine sont punaisés sur le tableau en liège. Ce plaisir là est encore meilleur les mains dans les poches, le panier au bras, sans intention ni obligation.

On a enfourché les vélos pour faire les 5 km qui séparent du village, les paniers accrochés au guidon. Et puis, devant l’église, on a laissé les vélos amoureux, appuyés sur l’arbre, attachés ensemble. Le marché n’est pas grand, une vingtaine de commerçants. Mais c’est un monde à lui seul. Dans la première allée, le poissonnier fait une promotion sur la lotte. Va pour la lotte alors. Et puis vous nous mettrez une poignée de crevettes roses avec s’il vous plait.

Le boucher n’a plus de saucisses. Mais il reste du boudin frais d’hier.

« Et puis goutez moi le jambon fumé, il est extra« . Allez, on prendra deux tranches, épaisses s’il vous plait.

Le primeur fait gouter les premières fraises. Et puis les premiers radis. Une montagne de petits pois frais attendent d’être écossés. Les pommes de terre de l’hiver dernier attendent dans un gros sacs de jute, les pommes débordent des cageots.

Au stand du volailler, une dizaine de personnes patientent pour un poulet cuit et ses pommes de terre. Monsieur tire la manche de Mademoiselle : « pour midi, ça te dis pas? »

Monsieur fait la queue.

Mademoiselle s’éclipse, vers le stand du fleuriste. Ca sent le printemps entre les gerbes de tulipes et les bouquets de jonquilles. Un billet de 5 euros plus tard, Mademoiselle repart avec son petit bouquet dans le panier. Et c’est encore 15 euros de moins pour du pain et un gâteau.

Devant les vélos, Monsieur attend, son poulet suintant dans un sac. « A table ».

Il reste le plus dur : 5 km avec l’odeur du poulet, l’odeur des fraises et l’odeur des pommes, sans céder à la tentation de picorer. 5 km à pédaler avec la promesse gourmande d’un déjeuner à portée de vue, à porter de doigt, dans un panier accroché au guidon. Et c’est un vrai petit bonheur.

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