Petit bonheur numéro quatre-vingt-dix : chercher les chocolats

Ce petit bonheur là fouille dans le jardin.

Ce matin, à 7h, Mademoiselle s’est levée en douce. Sur la pointe des pieds, sans un mot, elle a entrouvert la porte de la chambre, enfilé sa veste de pyjama blanche par dessus la nuisette, et a glissé ses pieds dans les bottes en caoutchouc.

Tout doucement, elle a déverrouillé la porte de la cuisine et joué de toute la précaution dont elle est capable pour ouvrir le volet sans le faire grincer.

Puis, son panier au bras, Mademoiselle joue les lutins de Pâques dans le jardin. Parce qu’on a beau être grand, on a quand même le droit à son ratio de chocolats. Et c’est bien connu, les cloches, lapins et autres poules de Pâques ne passent que pour les enfants.

Alors Mademoiselle répare l’injustice et disperse, entre les jacinthes et les premières jonquilles, des cloches en chocolat noir, des lapins en chocolat blanc et des agneaux en chocolat au lait. Juste sur la pierre du puits, un petit sachet de fritures. Une fois le panier vide, Mademoiselle retourne tout doucement dans la cuisine, retire ses bottes humides et retrouve le lit.

10h sonne au loin. Monsieur s’étire et embrasse le cou de Mademoiselle qui s’était sagement rendormie. « Tu viens, je crois qu’il y a des trucs dans le jardin« . Mademoiselle sourit, facétieuse. « Allez, viens, on va voir« .

Mademoiselle et Monsieur, bottes au pied, ouvre cette fois franchement la porte et le volet. Mademoiselle regarde la tête de Monsieur, ahuri…

« Mais… Mais… Mais qu’est ce que c’est que cela? »

« Ben tu as bien dit que les cloches étaient passées non? »

« Ben oui mais pas là... »

« Où alors? » Mademoiselle tend le panier à Monsieur étonnée. « Allez, vas y« .

Monsieur, de nouveau gosse, s’amuse. Il soulève les pierres, cherche dans les premières branches du pommier, découvre les oeufs sur la margelle. Le panier plein, il retourne voir Mademoiselle et lui tend le panier : « A ton tour… »

Mademoiselle ne comprend pas.

« Et bien, je crois qu’il reste des trucs à trouver. Tu devrais chercher »

« Mais chercher où? »

« Réfléchis, les poules, où est ce qu’elles peuvent laisser des oeufs? »

Mademoiselle rigole. Au fond du jardin, le vieux poulailler décrépi a retrouvé ses fonctions d’origine. Dans les casiers, des poules-qui-se-mangent couvent des oeufs-qui-fondent-au-soleil.

Monsieur et Mademoiselle ont eu la même idée et c’est un vrai petit bonheur.

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