Petit bonheur numéro quatre-vingt-trois : la première tonte

Ce petit bonheur là vrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr….

Dans 8 jours, c’est Pâques. Les cloches ou les lapins ou les poules (ça dépend des familles) vont venir déposer des oeufs dans les jardins. Et dans le jardin, et bien si on ne fait rien, on ne les trouvera jamais. 20 cm d’herbes en hauteur au bas mot. Au moins 20cm même.

Les bottes en caoutchouc disparaissent presque entièrement dans le foin d’hiver, les pissenlits et les pâquerettes. Depuis trois jours, le grand soleil de mars sèche les larmes humides des grands brins verts. La main dans la pelouse, Mademoiselle vérifie : rien à dire, c’est sec.

Dans le garage, la tondeuse patiente depuis le début de l’hiver, voire la fin de l’automne. Le bidon d’essence est couvert de toiles d’araignée, une bestiole a même fait son cocon sur le manche de la tondeuse. Les gants de jardin à la main, Mademoiselle nettoie comme elle peut l’entonnoir, le visse sur la tondeuse et verse l’essence. Puis, elle sort l’appareil devant le garage. Un peu capricieuse, la machine ne veut pas démarrer. Pourtant, Mademoiselle pousse le starter au maximum et tire la ficelle comme elle peut. Une fois. Deux fois. Trois fois. La quatrième sera la bonne.

Vrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Un bruit assourdissant résonne. Mademoiselle sourit. Ca c’est vraiment un signe de printemps.

Mademoiselle, le sourire aux lèvres, se lance. Devant, une prairie d’herbes folles. Derrière, une allée rectiligne aux herbes de 5 cm de hauteur parfaitement alignées. Ca sent l’herbe coupée fraîche, ça sent le vert. Le même vert qui tâche le jean et colore les bottes. Le même vert qui brille en petit tas au bord de l’appareil en marche.

Au bout du chemin, un voisin salue au loin. Mademoiselle répond d’un geste de la main. Elle évite soigneusement les premiers signes de coucous et de jonquilles, elle passe au plus près du puits et taille presque au cm les bordures des massifs où les jacinthes sont colonisées par les abeilles. Les lézards partent ventre à terre devant la tondeuse, les papillons filent de fleurs en fleurs.

Mademoiselle part d’un carré large puis, à chaque tour, les herbes folles perdent du terrain. Quelques pâquerettes, courtes sur pattes, réussissent à passer au travers et évitent les lames de justesse.

Au bout d’une heure, la tondeuse tousse. Mademoiselle termine. Le jardin est superbe quand la tondeuse, épuisée, s’arrête. Les cloches peuvent passer, tout est prêt. Et c’est un vrai petit bonheur.

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