Petit bonheur numéro soixante-dix-sept : l’odeur du café moulu

Ce petit bonheur là sent bon, tellement bon…

« Il n’y a plus de café« .

Le sentence est tombée ce matin, alors qu’en pyjama, Mademoiselle préparait les tartines et que Monsieur cherchait du bout des doigts, juché sur la pointe des pieds, le paquet d’arabica. De quoi mettre de bonne humeur Mademoiselle qui sans son café, a bien du mal à articuler deux mots agréables. Monsieur propose de faire du thé pour deux : « de toute façon, est ce que j’ai le choix… »

Mademoiselle grommelle tant et si bien qu’elle finit par conclure : « J’irai en acheter à midi« .

La voilà donc, à midi, devant la brulerie, à deux pas du bureau. Googlemaps n’a rien inventé, rien qu’à l’odeur, Mademoiselle aurait trouvé l’adresse.

Au mur, des dizaines de boites. Arabica, robusta, Equateur, Bolivie, Costa rica, Bresil, Galapagos, Hawaï, Jamaique, Tanzanie. Comme autant de visa su une valise, le tour du monde se dessine sur les étagères. Dans un appareil compliqué, des grains attendent. Ca sent le brulé, le café, le pur arabica. Mademoiselle hésite. Derrière le comptoir, le vendeur ouvre un paquet en papier kraft. « Mademoiselle, qu’est ce qui vous ferait plaisir? »

« Je n’y connais pas grand chose. Qu’est ce que vous me conseillez? »

 » Vous aimez un café fort? plutôt Afrique? plutôt Asie? plutôt Amérique du sud? »

« Quelque chose d’un peu fruité, de pas trop amer« .

Le vendeur monte sur son escabeau. Il déplace deux boites, redescend les marches et derrière le comptoir, les ouvre. « Sentez moi ça…« . Mademoiselle ouvre grand  ses narines, inspire largement. Les plantations lui sautent au nez. « Celui de gauche, c’est quoi? »

« C’est un café d’altitude, Amérique du sud. Imaginez un peu, c’est une plantation là bas, au Costa Riqua« . Le vendeur raconte. Invente aussi sans doute. Son passeport a certainement moins de tampons que les paquets répertoriés sur ses étagères.  Mais Mademoiselle écoute, songeuse et avise sur l’étagère en face, quelques boites de thé et des paquets de chocolat.

« Je prends celui là. Et puis du earl grey s’il vous plait« . Pas question d’oublier Monsieur.

Demain, la matinée commencera bien. Le vendeur emballe les poudres et pose les sachets dans un petit sac en papier. Dans les paquets krafts, l’Amérique du sud d’un côté, l’Asie de l’autre, côte à côte, se cognent, se bercent doucement, au bout d’un bras, dans  les rues d’une petite ville de France. Et c’est un vrai petit bonheur.

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