Petit bonheur numéro soixante-treize : chercher des noms insolites dans l’annuaire

Ce petit bonheur là a retrouvé le bottin.

C’est arrivé presque par hasard. Le chef demande qu’on appelle l’entreprise Y, « de père en fils depuis 1965 » mais l’entreprise Y n’est plus référencée sur le site des pages jaunes. Allez savoir pourquoi. Alors, en désespoir de cause, le chef a soupiré : « et bien vous n’avez qu’à regarder dans l’annuaire« .

Il a d’abord fallu partir à la recherche du dit annuaire. Des dossiers à soulever, des classeurs poussiéreux à déplacer, un tas de vieux papiers jaunis à traiter précautionneusement par crainte qu’ils ne se désagrègent comme un parchemin antique. Et puis soudain, tout au bas de l’armoire, le livre mi-blanc mi-jaune. Annuaire 1999.

Le doigt accroche un épais manteau de poussière gris, c’est à peine si on distingue le numéro du département.

Comment ça marche déjà… Dans un sens, les pages jaunes. A l’envers, les pages blanches. Les communes défilent, de pages en pages. Ca fait 14 ans. Combien de ces familles ne vivent plus ici? Combien ne portent même plus ce nom là…

On commence par chercher un peu au hasard. A. Abraham B. Abraham D. Abraham I. Alanni. Aloup. Aster. Ataly. Bavière. Breton. Bulle.

Et puis on regarde la plus petite commune. Celle avec seulement une demi-page de noms. Tous voisins.

Tiens, rue du commerce, il y avait une famille Bouton et une famille Poche. A 6 numéro d’écart.  Et puis grand-rue il y avait M. Gendarme et M. Guignol quasiment face à face.

Dans une autre commune, rue des fleurs, M. Bouquet. Et puis M. Poumon à deux pas du Tabac-Presse.

Les rues se dessinent, les anciens voisins se retrouvent. Tiens, où on habite aujourd’hui, en 1999 c’était Mme Rose. Et à côté du bureau, là où aujourd’hui il y a un cyber café, à l’époque c’était un teinturier. A la place du magasin de meuble, c’était un boucher. Et à la place de notre boulangerie… c’était déjà notre boulangerie.

La tentation est grande de chercher des gros mots. Ou des mots rigolos. Un monsieur Zizi, une madame Oups, ou bien Camembert ou encore Pouet-Pouet. On rit un peu sous cape de ces enfantillages, jusqu’à ce qu’une voix dans notre dos nous fasse sursauter.

« Et alors, l’entreprise Y, vous avez trouvé? »

« Presque, presque, je m’y emploie... » Exit les pagesjaunes.fr, désormais, on reprendra l’annuaire.

Et c’est un vrai petit bonheur.

 

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