Petit bonheur numéro soixante-douze : chanter Chantal Goya

Ce petit bonheur là se prend pour Marie-Rose.

Mademoiselle trainait sur le web, l’air de rien, en attendant d’avoir un truc précis à faire. Un blog original, une vidéo reçue via facebook, un tumblr amusant. Et puis au détour d’un lien, elle aperçoit une capture d’écran dans un menu à gauche. Elle cligne des yeux, surprise. Pas de doute, c’est Bécassine. La Bécassine de son enfance, celle qui « est née un beau matin dans un berceau de bois« .

Mademoiselle ne peux s’empêcher : coup d’oeil à droite, coup d’oeil à gauche. Pas d’indiscret. Elle clique sur la vidéo.

L’intro démarre. Mademoiselle frémit. Elle sent ses hanches bouger en rythme. Elle monte le son.

« Elle est née un beau matin dans un berceau de bois/ Son père et sa mère étonnés n’en revenaient pas/ De voir cet enfant si rose et dodue à la fois/ Avec un nez qu’on ne voyait pas ».

Mademoiselle fredonne…

« Aussitôt tout le village se préparait déjà/ Pour venir fêter ce beau baptême oui mais voila/ Il fallait trouver un surnom, elle n’en avait pas/ Et son Papa qui se trouvait là ».

Cette fois Mademoiselle part en choeur : « A dit puisqu’elle ira en classe ici à Clocher les Bécasses/ Moi j’ai trouvé comment il faudra l’appeler… BECASSINE, C’EST MA COUSINE… BECASSINE, ON EST VOISINE »

Mademoiselle est débout maintenant. Elle saute, elle danse, elle connait la chorégraphie par coeur. Elle fait des loopings au dessus d’Etretat, elle conduit cheveux au vent, au volant d’une automobile imaginaire.

Et puis, essoufflée, elle entre « Le Chat Botté’ dans le moteur de recherche. Et c’est reparti pour la danse du chat et ses mimiques lorsqu’il fait semblant de griffer Marie Rose, 4 fois à droite puis 4 fois à gauche.

Et puis Renard, et puis Guignol. Quand vient le tour de Bouba, le petit ourson, Mademoiselle assise en tailleur sur le canapé, se berce doucement, la larme à l’oeil. Pareil pour les Madras. Alors, pour se consoler, elle lance la vidéo de Jeannot Lapin. Et c’est reparti pour la chorégraphie. Mademoiselle a 8 ans, elle est en CE1 et sur son magnéto cassette, elle se passe l’histoire du Soulier Volant. Chantal Goya sur l’écran de l’ordinateur ne vieillit pas. Elle porte la même robe rose, les mêmes cheveux au carré, et les personnages n’ont pas changé. C’est un bout d’enfance qui reste, témoin de ce qu’on était et de ce que l’on devient, un bout de toujours qui rassure. Chantal Goya chante. Et c’est un vrai petit bonheur.

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