Petit bonheur numéro soixante et onze : se couper les cheveux.

Ce petit bonheur là veut bien couper, mais pas plus de deux centimètres un tiers (le tiers est important).

Mademoiselle a ce que l’on appelle dans les catalogues les cheveux mi-longs. Concrètement, elle a les cheveux aux épaules. Mais Mademoiselle n’est jamais satisfaite. Un coup ils sont trop longs, et elle souffle en se regardant dans le miroir. Un coup ils sont trop courts, et elle peste de ne pouvoir les attacher qu’en une « queue de chiwawa ridicule« .

Hier soir, c’était le pompon, le paroxysme de la crise capillaire : « Et le pire, explique-t-elle à Monsieur en se brossant les dents, postillonnant au passage sur la glace, c’est ce truc à la Mac Gyver… On dirait que j’ai la coupe mulet. C’est trop affreux« .

Monsieur ne voit pas bien le point commun entre sa dulcinée et Mac Gyver, mais devant l’air courroucée de Mademoiselle, il tente un « va chez le coiffeur demain… »

« Tu vois, même toi tu n’aimes pas, tu me dis d’aller chez le coiffeur... »

Le lendemain, ce jour donc, elle pousse la porte du coiffeur à midi trente quatre sonnantes. Elle s’excuse du retard, tend sa veste et son sac et enfile la blouse, soulevant ses cheveux tandis que la coiffeuse scratche le col.

« Alors qu’est ce qu’on fait aujourd’hui? »

Mademoiselle dit qu’elle n’en peux plus. Elle ne supporte plus sa tête, elle voudrait changer.

« On coupe alors? »

Pas trop quand même… Elle ne se sent pas prête à arborer une coupe Cécile de France. Même si elle aime beaucoup… Mais c’est vraiment court quand même…

« Bon, un dégradé peut-être ? »

C’est trop comme la dernière fois. Il faudrait plus original…

« Et si je coupais un peu plus court derrière, pour dégager la nuque, et que je gardais de la longueur devant, avec un effet décoiffé? »

Mademoiselle est partante.

L’eau coule sur le crâne de Mademoiselle, une main lui masse doucement les cheveux. Ca sent le shampoing de professionnel. « C’est pas trop chaud » « C’est parfait« . Les yeux fermés, Mademoiselle se laisse laver la masse de cheveux qui lui pèse tant. Puis, sur le siège, face à la grande glace, Mademoiselle regarde les mèches tomber au sol, en un petit tas de cheveux châtains. Elle n’aime pas trop raconter sa vie, mais elle répond poliment aux questions de la coiffeuse, tout en surveillant qu’elle ne coupe pas plus que prévu… « C’est court là non? On coupe pas plus de 2 centimètre devant, hein? »

La coiffeuse attrape de larges ciseaux et saisit une mèche à la racine. Mademoiselle tressaille, sans oser rien dire. « Ne vous en faites pas, c’est juste pour désépaissir« .

Mademoiselle finit par ne plus vouloir regarder. Elle attend, les yeux dans le vague, que la coiffeuse actionne le sèche cheveux. « Surtout pas de brushing, d’accord?  »

Puis la coiffeuse lui passe la brosse dans le cou et dans l’encolure du chemisier et propose un peu de laque… « Ah non, non, je veux pas avoir l’air de sortir de chez le coiffeur... »

Reste l’étape la plus importante : le miroir qui se promène, de bas en haut, d’avant en arrière. Mademoiselle découvre sa nouvelle tête. Pas si nouvelle que cela finalement. Et pourtant, tout est changé.

« C’est vraiment moi ça… Merci, c’est super« .

Mademoiselle, tout sourire, remet sa veste et prend son sac. Il est 13h24. Elle ne ressemble plus à Mac Gyver, et c’est un vrai (petit) bonheur.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s