Petit bonheur numéro soixante-sept : se faire les ongles

Ce petit bonheur là est annuel.

Parce que Mademoiselle n’est pas trop French Manucure. Mais ce jour là, Mademoiselle a le temps. L’idée lui vient alors qu’elle traine dans la salle de bain. Elle a déjà tartiné ses coudes, son cou, ses seins, de lait hydratant pour bébé. Elle a déjà coiffé et recoiffé ses cheveux dans tous les sens.Elle a déjà maquillé ses yeux d’un trait bleu et d’un fard brun . Puis démaquillé. Puis remaquillé en noir, la far brun lui reste en place. Et puis elle a choisi longuement son déo, essayé de ranger les étagères, testé au moins quatre rouge à lèvres.

C’est en déplaçant le dernier tube qu’elle a découvert un flacon de vernis rose transparent et un de vernis blanc.  » Tiens, pourquoi je ne mets jamais de vernis déjà? »

En retournant de fond en comble l’étui à pinceaux, elle retrouve une lime. Sagement, elle lime les bouts carrés de ses ongles tachés de blanc -Maman aurait dit « tu manques de calcium« . Elle a bien lu quelque part qu’il fallait repousser les cuticules mais elle n’ose pas… Si c’est là, c’est bien que ça doit servir à quelque chose.

La poussière d’ongle tombe en tas dans l’évier. Arrive la deuxième phase : mettre le vernis. Mademoiselle est droitière. Le vernis sur les ongles gauches ne pose pas de soucis. Mais la main gauche n’en fait qu’à sa tête au moment de glisser sur les ongles de droite. Tant bien que mal, la main droite finit par ressembler à la gauche. Séchage sur le radiateur. Et brulure au passage.

Deuxième couche. Et même péril sur les doigts de droite. Un tremblement de trop et voilà la goutte de vernis rose qui s’écrase sur l’évier blanc. Mademoiselle veut attraper un coton tige pour éponger, limiter les dégâts. Et c’est pire encore. La boite de coton tige tombe dans l’évier entrainant au passage le flacon rose. Les cotons s’imbibent d’eau. Le vernis laisse des trainées rose sur l’émail blanc. Mademoiselle tente de rattraper les batônnets, mais le coton s’effiloche sur les ongles déjà vernis mais à peine sec. Mademoiselle s’agace et se souvient tout un coup pourquoi elle ne vernit jamais ses ongles, des filaments de cotons blanc désormais incrusté sur le vernis de l’index et du majeur.

Pour camoufler les dégâts sur la main droite, Mademoiselle met un fin trait de vernis blanc en haut de l’ongle. Non, décidément. Si à gauche c’est parfait, à droite ça ne ressemble à rien.

Agacée, dégageant ses cheveux de ses yeux en soufflant sur les mèches, elle fouille dans le placard à la recherche de la recette miracle, le dissolvant. Elle pousse les bouteilles de gel douche, extirpe un vieux flacon d’eau oxygénée… Mais pas de dissolvant en vue. Mademoiselle se souvient soudain qu’elle avait prévu d’en racheter il y a de cela… un an? deux? La main gauche est très jolie. Mais la main droite… c’est une vraie catastrophe… Alors, en riant, Mademoiselle enfile des gants. Ca ira bien, le temps d’aller acheter le précieux liquide rose. Et c’est un vrai petit bonheur.

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