Petit bonheur numéro cinquante-six : une assiette de coquillette

Avec ce petit bonheur là, on a soudain de nouveau 6 ans.

Ce soir, rien à faire, il n’y aura pas à diner. Inutile d’insister, inutile de réclamer. Trop fatigué(e), trop fainéant(e), la journée a été trop longue, la soirée sera trop courte.

Oubliée la liste des menus sur le frigo. Celle qui énumère sagement, dans le plus profond respect des recommandations gouvernementales, lundi soupe, poisson, riz, mardi salade de betterave, gratin de poireaux/pomme de terre et morue, mercredi galette saucisse/ salade…

Non, ce soir, ce sera le plan B. Celui qui est au fond de l’étagère à féculent. Derrière le paquet de lasagne et le riz basmati. Le paquet vert à peine entamé est difficile à saisir. Du bout des doigts, on le récupère. Sur la plaque électrique, une grosse casserole d’eau dans laquelle on jette une poignée de gros sel. Pendant que l’eau crépite un peu, la main attrape la râpe, sur l’étagère du haut, et s’acharne à réduire un morceau de gruyère en un petit tas de filament jaune. L’eau bout. La main s’enfonce dans le paquet vert. La première poignée finie dans l’eau brulante. Une deuxième suit aussi vite. Une troisième la rejoint. 7 minutes dit le paquet. En surveillant du coin de l’oeil l’horloge du four, on allume la radio et on sort deux assiettes. Deuxième étage du frigo, un paquet bien plié rose et blanc. La main déplie le papier. Deux grosses tranches de jambon, tout frais tranchées du charcutier. Hop, couper en deux chacune. Plus que 2 minutes. Le temps de sortir la passoire. Deux petits rouleaux de jambon par assiette.

La casserole est renversée au dessus de l’évier. L’eau disparait dans le siphon. Dans la passoire vert pomme, les coquillettes luisent et fument. Retour par la case casserole, avec un fond, tout petit fond d’eau. Puis le gruyère râpé. Il s’agit alors de ne pas cesser de mélanger. Le fromage fond en longs fils. Puis la cuiller à pâtes disparait dans la casserole et en ressort débordant de coquillettes. Deux cuillers dans l’assiette bleue. Trois dans la rouge. Reste le meilleur. Enfiler les coquillettes sur les pics de la fourchette puis engloutir le tout aussi vite. Manger le jambon avec les doigts.

A table.

Et c’est un vrai petit bonheur.

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2 réflexions sur “Petit bonheur numéro cinquante-six : une assiette de coquillette

  1. Le bonheur, c’est tout simple ! Ca ne tient, en somme, qu’à un fil de fromage….
    Merci tout simple mais empli de reconnaissance…..

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