Petit bonheur numéro cinquante-cinq : le premier café en terrasse

Ce petit bonheur là fait tellement de bien au moral…

Nous sommes dimanche, et il fait beau. Il fait beau pas comme quand soudain, au beau milieu de l’hiver, le ciel se rappelle qu’il peut être bleu. Non, il fait beau comme si, soudain, février en partant laissait tomber son écharpe et ses gants.

Mademoiselle en est toute ragaillardie. Ce soleil lui rend les idées bleues, ce ciel lui donne des idées de printemps. Elle en chanterait presque. D’ailleurs, elle fredonne.

Monsieur aussi est guilleret. Non seulement il fait beau, mais en plus c’est dimanche. Monsieur enfile son pull le plus chouette, celui qu’il a choisit avec Mademoiselle. Et Monsieur sort sans mettre de manteau. Mademoiselle attrape quand même un blouson, mais laisse l’écharpe sur la patère.

Monsieur et Mademoiselle s’en vont, joyeux, en promenade après déjeuner. Ils vont dans le village un peu plus loin, celui où les brocanteurs sortent de temps en temps, celui où au carnaval, il y a ces chars colorés. Celui surtout où il y a une margelle à côté du puit et un lavoir en belle pierre.

La promenade est belle, les arbres en ont assez d’avoir des branches nues, ils commencent à réfléchir à l’idée d’une robe verte. Le ruisseau en bas sent bon la fonte des neige. Mademoiselle a même un peu chaud avec son blouson. Elle descend la fermeture éclair en souriant.

Alors, Monsieur propose qu’on s’arrête sur la place, au café. La patronne a sorti les tables en terrasse. Sur le pavé, deux ou trois mégots oubliés. Sur les bancs, quelques vieux. A la table voisine, trois motards. Et un peu plus loin, une bande de jeunes, quinze, seize ans au plus. Mademoiselle allonge ses jambes. Monsieur s’étire. La serveuse s’approche. Un café pour la jeune fille. Une pression pour le jeune homme. La serveuse ne note pas. Elle crie à la patronne et nettoie la table à côté. Sur la place, les arbres étendent à peine leurs ombres, la fontaine paresse dans un glouglou familier. Tout sent le calme. Tout sent le dimanche.

La serveuse revient avec la commande et fourre la monnaie dans la poche de son tablier. Un tablier presque désuet. Le village n’est pas bien grand, tout le monde ou presque vient au café.  C’est dimanche, le soleil brille même s’il ne fait que 12 degrés. Et en terrasse, Monsieur et Mademoiselle sourit béatement… Et c’est un vrai petit bonheur.

 

 

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