Petit bonheur numéro quarante-cinq : embrasser.

Ce petit bonheur là est éminemment personnel.

Il peut être très chaste, posé sur la joue, en toute amitié. Ou protecteur, posé sur le front. Consolateur, accompagné d’un câlin réconfortant. Ou bien coquin, glissé dans le cou sans préavis.

Ce baiser là est amoureux.

Mademoiselle a de la chance. Mademoiselle aime un Monsieur qui l’aime en retour. N’est ce pas que c’est de la chance. Bon, ces deux là ont mis du temps à se rencontrer. Mais maintenant qu’ils se sont trouvés, ils ne se lâchent plus. Bien sûr, Mademoiselle et Monsieur ne sont pas collés serrés sans cesse. La preuve. C’est la Saint Valentin, et Mademoiselle n’est pas là. Elle est retenue, contrainte professionnelle oblige, à plusieurs centaines de kilomètres de Monsieur. Ils ont eu beau se répéter que « la saint Valentin c’est nulle » « Ca craint » « C’est tellement commerciale » « C’est comme la fête des Mamies » « C’est comme le mariage » « Euh, non, c’est pas comme le mariage… »

Bref, Monsieur et Mademoiselle ne sont pas de fervents adeptes de ce genre de fêtes. Mais quand même…

Loin de son Monsieur, Mademoiselle attend le soir. Elle attend qu’au creux du téléphone, la voix de Monsieur résonne. Elle attend que dans la nuit lointaine, le timbre mat de son homme brise le silence. Une sonnerie. Deux sonneries. Trois sonneries. « Allo »

Monsieur est là, au bout du fil. Et Mademoiselle embraye sur le bavardage inconséquent qui va de la météo à l’actualité en passant par les anecdotes de la journée. Monsieur fait de même.

Mais les mots que veut dire Mademoiselle, ce ne sont pas ceux là. Les émotions restent coincées, au fond de sa gorge. Mademoiselle voudrait lui dire qu’il lui manque. Que les nuits sont froides sans lui. Que les jours sont fades. Que le ciel qu’elle lui peint est moins bleu quand elle ne le lit pas dans ses yeux. Que sans lui, la vie, ça ne va pas du tout. Que ce soir surtout, elle aimerait le serrer dans ses bras. Bref, Mademoiselle aimerait parler d’amour.

Alors, au creux du combiné, elle lui raconte le baiser qu’elle déposerait si elle le pouvait, sur les lèves piquantes de son Monsieur. Un baiser sans emphase, pas de ces baisers tape à l’oeil qui ne servent qu’à surenchérir. Non, ce baiser d’amoureuse, lèvres collées d’abord sur le coin de sa bouche, puis peau à peau, lèvres contre lèvres. Ce baiser tout doux, qui n’a pas besoin d’autre mot pour dire je t’aime. Qui n’a pas besoin d’autres langues. Qui n’a pas besoin d’autres gestes. Au creux du téléphone, elle murmure ce baiser juste assez appuyé pour se faire entendre, juste assez précis pour se faire serment. Un baiser de passion, de tendresse, un baiser comme un battement de coeur ou comme une promesse. Je t’embrasse comme je t’aime.

Et c’est un vrai bonheur.

 

 

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Une réflexion sur “Petit bonheur numéro quarante-cinq : embrasser.

  1. Les Amoureux n’ont pas besoin qu’on leur rappelle que…..C’est tous les jours, pour moi, la fête des Amoureux….;-)
    Merci pour ce billet ❤

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