Petit bonheur numéro quarante-trois : faire des crêpes

Ce petit bonheur là saute dans une poêle brulante.

Cette année, on a loupé la Chandeleur. Ce n’était pas écrit assez gros sur le calendrier… Ce n’était pas souligné dans l’agenda de trois traits rouges. Ce n’était pas entouré au dessus du téléphone. Ni même surligné dans l’éphéméride des WC. Bref nous avons raté la chandleur. Mais que l’on se rassure, il reste nous reste une chance. Il reste mardi gras.

Dès la veille, avec application, Mademoiselle a sorti la balance de cuisine et le fouet. La farine, le puits dans la farine, la pincée de sel, le sucre vanillé, un peu de beurre fondu. Monsieur s’occupe de casser les oeufs -« attention aux coquilles« . On mélange tandis que Mademoiselle verse le lait. Et puis Monsieur décapsule une bière, s’en verse un verre –« Mais non, c’est pour les crêpes » « Ca va, il reste un fond de bouteille à chaque fois, cette fois, il y aura juste le compte et puis c’est tout… » . Puis un torchon sur la pâte et la pâte au frais. « On y gouterait pas ce soir? » « Non, il faut attendre ».

24h plus tard, Monsieur n’y tient plus. A peine la porte passée, il investit la cuisine. Mademoiselle, un pinceau d’huile à la main, badigeonne une poêle. Elle teste la température avec une goutte de pâte. Pschhhhhht… L’huile frémit, la pâte est immédiatement saisie. C’est partie. La première est difficile, elle colle. Monsieur se porte volontaire et propose à la crêpe une alternative à la poubelle : un estomac tout chaud.

La deuxième est parfaite. Elle finie aussitôt sur l’assiette de service, délicatement posée sur une casserole d’eau chaude pour rester bien à température sans sécher. Elle est rejointe par une troisième. Puis une quatrième. Puis une cinquième. « Fais un voeu en faisant sauter ta crêpe » « Attends, prends le louis d’or de Mamie dans une main, la poêle dans l’autre, prête? Alors vas y, fais un voeu ». Les soleils dorées sautent dans la cuisine, dans les rires de Monsieur et Mademoiselle. Les ronds de pâtes sucrées s’empilent, un peu saupoudrés de sucre. Les galettes embaument la cuisine. Quand le tas est suffisamment conséquent pour rassasier Monsieur et Mademoiselle -qui rien qu’à le regarder frôlent l’indigestion- il prend la direction du salon.

Sur la table basse, confitures, chocolat fondu, citron, sucre, miel, paradent. Deux assiettes, des cuillers, un petit couteau. Et c’est partie pour un festin régressif, un buffet où tout est permis. Et c’est un vrai petit bonheur.

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