Petit bonheur numéro trente : soigner son rhube…

Atchoum…

Ce petit bonheur là commence mal.

Monsieur traine son rhube. De la cuisine, à la chambre. De la chambre à la salle de bain. Monsieur tousse. Monsieur s’étrangle. Monsieur a mal. Bref Monsieur meurt.

Et en tout Monsieur mourant, il y a un enfant de 6 ans. Un enfant qui geint. Il faut croire qu’être malade a ce même côté régressif que sucer un bonbon ou mordre dans le cookies tout chaud qui sort du four.

Nous disions donc, Monsieur pleurniche. Dans ce moment ô combien difficile et douloureux -rappelons quand même que Monsieur a un « rhube »- il a besoin non seulement de tout notre soutien, mais aussi de toute notre attention. Et au passage, toute notre affection ne serait pas de trop.

Calé au fond du lit, Monsieur sert sa bouillotte en sirotant son infusion de thym au miel. La nuit s’annonce encore longue, bercée par les ronflements, secouée par les éternuements. Alors, arrive le moment où Mademoiselle répond à la supplique. L’espace d’un coucher, Mademoiselle veut bien jouer l’infirmière. Parce qu’au fond de toute copine/épouse/concubine de malade, il y a une petite mère en sommeil. Et cette petite mère farfouille au fond de la pharmacie pour jouer les Mamans-docteurs.

Une boite de baume « V…x vapo rhume » dans la main gauche, une pastille Velda dans la main droite. La pastille pour faire taire Monsieur. On retire le haut du pyjama, et doucement, avec concentration, Mademoiselle applique le baume sur la poitrine congestionnée. Elle masse du bout des doigts, puis en appuyant les paumes, pour faire pénétrer la crème. Elle pourrait, elle irait masser directement les poumons, pour chasser ce vilain rhume qui pourrit l’hiver de Monsieur et (surtout?) de Mademoiselle. Mademoiselle, sous couvert de soins, tartine les poils de Monsieur pour passer enfin une nuit tranquille. Et Monsieur se laisse faire, prenant encore parfois des airs penaud d’enfant qui ne veut pas aller à l’école. L’odeur forte du médicament imprègne l’air. Respirer fait un peu mal. Ca sent la chambre du petit malade, le lundi sans école, le sirop pour la toux et le thermomètre. Ca sent les calins de Maman et le bonbon pour faire passer le médicament. Ca sent un vieux de petit bonheur enrubé.

Publicités

2 réflexions sur “Petit bonheur numéro trente : soigner son rhube…

  1. Pingback: Petit bonheur numéro trente neuf : tomber juste quand on fait les comptes | 365petitsbonheurs

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s