Petit bonheur numéro onze : la fin de la séance de sport

Il a fallu me pousser. Il a fallu que je puise au fond de mes dernières ressources. Il a fallu que j’use de toutes la persuasion dont je suis capable pour chausser ces maudites baskets. J’ai même un peu négocié avec moi même pour ressortir du placard ce vieux jogging gris qui m’a connu plus jeune et surtout moins en chaire.

D’autant que rien ne jouait en ma faveur. Ni le ciel menaçant, ni le soir tombant, ni les températures glaciales (sibériennes même, que dis-je sibériennes, polaires! ), ni même cet affreux jogging et ces chaussures vraiment inadaptées (si, si, au talon elle font un peu mal).

Pourtant, n’écoutant que mon courage (et ma balance), je m’élance. Petite foulée. Tchou-tchou (respiration de joggeur/euse semi pro, seul élément retenu de la leçon de gymnastique de quatrième). Vite, quitter le quartier. Il ne s’agirait pas de croiser le beau voisin/ la belle voisine, dans ce costume si peu seyant.

Tchou-tchou.

Le bon rythme, la bonne foulée. Même pas une once de fatigue.

Petit coup d’oeil au podomètre. 500m. Ah oui, c’est pas beaucoup quand même…

Tchou-tchou… tchou-tchou…

La peau vire écarlate. La sueur dégouline et pique les yeux. Les cheveux collent au front. Nouveau coup d’oeil au podomètre. 1km.

Les yeux quittent un instant le bitume. Charitable, les petites foulées ont eu pitié de ce corps douloureux. Elles ont ramené toutes seules les baskets moches à la maison.

Le podomètre indique 1km 200 m. Le corps paye l’audace de ce jogging improvisé. Mal partout.  Et les traitres courbatures de demain me feront passer pour un(e) joggeur/euse du dimanche. Mais qu’importe. J’ai couru. J’ai sué. J’ai dérouiller mon corps. Les globules rouges pleine d’oxygène affluent vers le coeur, nourrissent le cerveau. Le bonheur c’est cet instant là, cette fierté d’avoir lutté contre son naturel.

Le vieux costumes de sport gris glisse sur les chevilles. C’est l’heure de la récompense. Le jet d’eau tiède d’une douche-micro. L’Eau-lympia n’attend pas.

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