Petit bonheur numéro neuf : faire des couettes

"Pourquoi les garçons ils n'en font pas avec leurs poils aux pattes?"

« Pourquoi les garçons ils n’en font pas avec leur poil aux pattes? »

Ce petit bonheur là est encore meilleur quand on a huit ou neuf ans. Ou bien quand on a envie d’avoir de nouveau huit ou neuf ans.

Il faut de préférence être une fille et avoir quelques accessoires dans la salle de bain familiale.

A la sortie du bain du mercredi, les frictions/serviette éponge ayant bien réchauffé le petit corps désormais emballé dans un peignoir Tintin, deux grands yeux réclament déjà l’opération. Les cheveux sont mouillés, le démêlage s’annonce délicat. Et la petite voix murmure : « tu me ferras des couettes après? »

Le peigne s’accroche dans les longues mèches. Les cris fusent. « Tu me fais mal!!! » Et la réponse qui vient naturellement en tête « il faut souffrir pour être belle » (réponse par ailleurs fort contestable). Peu à peu, les petits noeuds glissent et les dents d’ivoire se fraient un chemin. Il faut alors consciencieusement séparer en deux l’épaisse masse de cheveux blonds, de plus en plus chatains chaque année.

« Non, pas la raie droite »

La moue boudeuse et assurée, la tête blonde-presque-chatain sait ce qu’elle veut. Il faut alors un peu plus de concentration et la grosse dent du peigne pour créer un beau zigzag. Puis d’une main, attraper les mèches de gauche, les relever et … … et chercher l’élastique qui conviendra. Pas trop glissant, pas trop fin.

« Celui avec des clowns? »

« Non, c’est pour les bébés. Celui avec un crayon »

La seule main disponible fouille la boite à chouchous tandis que l’autre main serre encore davantage les cheveux qui tentent d’échapper à l’emprise. Puis en deux temps trois mouvements, la première couette est faite. Reste à répéter les opérations pour la seconde.

« A mon tour maintenant de t’en faire »

Et la tête blonde-presque-chatain s’en prend avec un peu moins de tact et de délicatesse aux longs cheveux châtains-presque-gris.

« Aïe! »

« Ta ta ta… Il faut souffrir pour être belle » (décidément, c’est plus que contestable).

Une couette. Et puis deux. Et quatre couette qui se contemplent amusées dans la glace. Un bonheur régressif qui se partage.

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