Petit bonheur numéro six : partager la galette des rois

Dans la vitrine, les gâteaux des rois paressent, attendant mollement d’être choisis. Le gourmand hésite un peu. Sur la forme d’abord : plutôt la brioche et ses gros grains de sucre? Ou plutôt la galette et ses beaux dessins dorés? Et puis sur le fond : frangipane? Chocolat? Poire Chocolat?

On en pointe une du doigt et distraitement, on regarde la boulangère la glisser dans un sachet à l’affut du petit détail qui compte : combien de couronne plie t-elle dans le sac? Une seule? La fève sera âprement disputée. Deux? Il y aura un repêchage parmi la cour des perdants…

A peine le déjeuner commencé que les plus jeunes trépignent déjà. La galette, comme la bûche quelques jours auparavant, légitime que l’on ne finisse pas son assiette. Elle autorise à ne pas se resservir. On veut garder une place pour le dessert. Et justement, alors que l’on sert le fromage, quelqu’un se lève rallumer le four. C’est le caprice de la galette, elle doit fondre légèrement, être juste tiède. Ce jour là, les volontaires sont plus nombreux que d’habitude pour débarrasser… Il faut faire la place à la reine du jour.

Alors commence le rituel de ce petit bonheur. Le plus jeune se glisse sous la table, les ainés le jalousent secrètement. Il chatouille quelques pieds, tandis qu’à la surface, une main innocente tranche le gâteau en parts égales. La croute craque sous le couteau. La lame s’enfonce mollement, sans rencontrer de résistance. De part en part. Et c’est le soulagement quand la galette enfin git en 8 morceaux parfaitement égaux sans que le couteau n’est déniché le secret.

« C’est pour qui? »

« Toi »

« C’est pour qui? »

« Mamie »

« C’est pour qui? »

« Papa »

Les noms s’égrainent. Le petit se concentre. Il ne s’agirait pas d’oublier quelqu’un. Enfin, il émerge entre les pieds des chaises et rejoint sa place. Les petites cuillère des uns se lèvent. Les autres empoignent la part sans ménagement. Et chacun mord avec précaution. Le suspense est complet. Tout le monde peut être roi. Cet instant savoureux où le gâteau fond dans la bouche tandis que la langue cherche la petite porcelaine.

Certains tentent de piéger les autres convives. « Ah.. ah… je crois bien que… » On lève la tête un peu déçu. Jusqu’à ce qu’un des gourmands brandisse soudain l’objet des convoitises. Vive le roi. Vive la reine.

« C’est donc toi qui offrira la prochaine galette »…

Et c’est bon comme un petit bonheur.

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3 réflexions sur “Petit bonheur numéro six : partager la galette des rois

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